Il était une fois au siècle dernier une jeune fille aux longs cheveux roux qui vivait dans un petit village de campagne provinciale norvégienne. Elle n’était ni particulièrement jolie ni particulièrement intelligente, mais elle avait un très grand coeur. Descendante d’une longue lignée de bergers, elle était tout naturellement prédestinée à la garde et au soin des moutons. Pourtant, elle nourrissait un grand rêve secret que personne à part elle ne connaissait : celui de devenir docteur.
Un beau matin d’hiver, alors qu’elle traversait la forêt enneigée à la recherche de bois pour le feu, elle entendit un long cri plaintif retentir au loin.
Aussitôt, triste de savoir qu’il était un être souffrant en cette magnifique forêt, elle se mit bien évidemment en quête de son futur nouveau patient.
Au bout d’une demie heure de marche, guidée par les futés petits esprits de la forêt, notre jeune bergère se retrouva finalement nez à nez avec un pauvre renne blessé. Sa patte semblait cassée et il souffrait beaucoup. Elle lui fabriqua donc une attelle de fortune à l’aide de branchages et de quelques feuillages, puis elle l’enveloppa dans sa grande cape en laine et le hissa sur ses frêles épaules. Elle le porta jusqu’à son humble chaumière et le déposa devant un réconfortant feu de cheminée.
Au bout de trois jours, la veille de Noël, le renne était guéri. Lorsqu’on frappa à sa porte, la bergère était toute affairée à préparer un bon repas de fêtes. Un gros bonhomme tout de rouge et blanc vêtu apparu dans l’entrée.
« Ho Ho Ho je suis le Père Noël, je viens récupérer mon ami le renne Rudolf ! Oh mais je vois qu’il a été parfaitement bien soigné, vous feriez un merveilleux docteur mademoiselle ! »
Sur ces mots, le jeune bergère rougit tout naturellement.
« Oh oh mais je vois que j’ai touché un point sensible », reprit le Père Noël. « Voyez-vous jeune fille, le vieil homme sage que je suis connait tous les rêves secrets de ceux qui croient en lui ! J’ai ma petite idée pour vous remercier des bons soins que vous avez prodigués à mon fidèle Rudolf… » dit le Père Noël en se frottant les mains.
Et c’est ainsi qu’il y a près de 100 ans une jeune bergère devient non seulement le docteur du Père Noël, mais aussi celui de ses rennes, de son épouse, la Mère Noël, et de tous les joyeux enfants Noël !
…
" - Et c’est donc comme ça que je suis devenue le docteur du père Noël ! Tu vois, la preuve, je porte une barrette renne qui m’a été offerte l’an dernier par lui-même en personne. Regarde, c’est Rudolf, le renne au nez rouge !
-Bon docteur, z’ai bien tout compris. Ze dois être bien sage, sinon tu vas le raconter au Père Noël !
-Voilà, c’est ça ! Alors, tu vas me laisser t’examiner ?
-Oui, mais avant, z’ai quand même une question…
-…
-T’as quel âge toi, parce que c’est vrai que tu fais suuuuuper vieille, mais ze t’aurais pas donné 100 ans quand même !
-(Sourire)
-Plutôt 40, comme ma môman quoi …"
Foutue spontanéité.
P.S : Rapport à l’actualité, cette histoire prouve que vétérinaires et médecins peuvent bel et bien se substituer l’un à l’autre… Enfin, dans les contes de Noël…!
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Sous mon sapin ce Noël, une superbe idée de cadeau, offerts par un ami très cher, les livres de Jaddo et Maître Mô (et dédicacés s’il vous plait !)
Joyeux Noël à tous !



merci pour ce zouli conte de noël …
et merci pour ce que vous écrivez
Vous me renvoyez avec grand bonheur quelques quarante années en avant, lorsque mon père Pasteur nous racontait, au Temple, pendant la veillée de Noël, un merveilleux conte issu tout droit de son imagination.
Je ne crois qu’il ne reste rien d’écrit de ces histoires, si ce n’est qu’elles ont développé mon imagination, celle de mes frères et soeurs, et de tous les enfants sans doute.
Merci à vous.
Très mignon, Joyeux Noël alors ! Et bonne lecture
Zoyeux Noël! Z’espère que tu vas bien. Bizoux:-)
Une bien jolie histoire en effet…
Mon conte de Noël commence par une citation de Jules Renard :
« Le père et la mère doivent tout à l’enfant. L’enfant ne leur doit rien. »
Jules Renard
Entrons dans le vif du sujet comme la balle perdue qui foudroie ce jeune homme. Sans sommations, droit au cœur. Le mauvais moment, le mauvais endroit. Vie cruelle. Fils chéri, fils unique.
Parents broyés. Douleur incommensurable. Souffrances abyssales. L’enfer, c’est l’absence, disait Verlaine. Deuil.
Et puis vient le temps de la reconstruction. Parce qu’il faut bien avancer. Parce qu’on est trop vieux pour refaire un enfant, mais trop jeune pour continuer d’exister sans projet de vie. Parce que le passé vous ronge par derrière et que devant, le désir d’enfant, le besoin d’enfant, mange l’espace et le temps, on se lance dans une procédure d’adoption.
Ils adoptent Maeva en Polynésie française à l’âge de trois mois. Je serai son pédiatre.
L’adoption en Polynésie a ceci de particulier qu’elle conserve très souvent le lien avec la famille biologique. Par le fait d’une tradition séculaire, les polynésiens qui pensent ne pas pouvoir assurer un avenir serein à leurs enfants, les confient volontiers à la famille ou à des amis. Le lien affectif perdure et ils se préoccupent réellement de ce qu’ils deviennent.
Au plan psychologique, l’intérêt pour l’enfant d’un passage en douceur de ses parents biologiques à ses parents adoptifs, sans le traumatisme de l’orphelinat, est évident. Il ne ressentira même pas la culpabilité d’un abandon, qui n’existe pas. Il devient juste un fabuleux « cadeau » fait à des adultes en mal d’enfant. Plaisir d’offrir !
Charge à ces derniers de s’accommoder du revers de la médaille. La difficulté d’appartenir à une nouvelle famille, de culture et de niveau socio-économique différents. La peur de la concurrence affective à plus ou moins longue échéance que stigmatisent ces parents légitimes, d’éventuels frères et sœurs. L’épée de Damoclès !
Ils avaient accepté ce risque.
Maeva a grandi comme une enfant élevée par des grands-parents, avec beaucoup d’amour et un peu trop de permissivité et est rapidement devenue une plantureuse fillette, dotée d’un bon coup de fourchette. Ses parents adoptifs, qui entretenaient une correspondance régulière avec sa famille génétique, envoyant même des photos, m’annoncent un jour leur décision de retourner en Polynésie, à la demande de ses parents tahitiens. Maeva a maintenant quatre ans. Ils sont inquiets. Ils ont peur qu’on leur demande de rendre l’enfant qui leur a été confiée.
La suite, ils me la raconteront au retour, lorsque j’examinerai Teiki, un joli nourrisson d’un mois et demi…
« Comme Maeva est devenue belle et forte ! Et comme elle a de beaux cheveux ! Jamais nous n’aurions pu l’élever aussi bien… tenez, prenez le nouveau-né, il s’appelle Teiki, ça veut dire l’enfant roi ! »
Plaisir d’offrir…
Magique =)
merci beaucoup
Sympa! J’ai bien aimé!
Merci pour ce joli conte ! La fin m’a beaucoup fait rire, moi qui commence a me faire appeler madame par des stagiaires… Foutue spontaneite, en effet
C"est toujours aussi bon de te lire, en tout cas, vieille de cent, quarante ou vingt ans !
Bien d’accord avec toi, d’ailleurs pour ma part, entre autres skieurs j’ai recousu un labrador l’année dernière : bah oui, hein, collision avec un snow-board !
Bonne chance avec les rennes !