Nous ne sommes pas des héros

Nous ne sommes pas des héros.

Quoique certains puissent le penser.

Nous ne sauvons pas le monde.

Nous ne sommes ni Doug Ross, ni Derek Sheperd. Ce n’est pas tous les jours comme dans les films. Nous ne passons pas nos soirées dans la fumée épaisse des moteurs en feu à marcher sur les éclats de verre brisés de voitures accidentées. Nous ne réanimons pas sur des matelas mous. Nous ne sautons pas à califourchon sur les patients, encore moins en mini-jupe. Et généralement ils n’ouvrent pas miraculeusement les yeux au bout d’une insufflation et de trois compressions cardiaques inefficaces. D’ailleurs, ledit patient victime du bouche-à-bouche n’est que très rarement un bel éphèbe aux yeux bleus-verts. Souvent il s’agit plutôt d’un clochard alcoolisé. Nous ne fabriquons pas de canules de trachéotomie avec le corps d’un stylo bille. Et, même si vous tendez l’oreille, vous n’entendrez jamais de petite musique épique retentir à l’instant victorieux.

Nous ne sommes pas tous beaux. Nos cheveux ne sont pas parfaits. Nous ne sommes pas mannequins. Notre sourire ne brille pas dans le noir. Et puis il y a la Blouse©, symbole absolu de ce que doit être LE médecin, parfois même fantasme de certains. Toutefois, s’il y a une tenue conçue pour ne mettre personne en valeur, c’est bien elle. De plus, -oh déception-, elle ne vole pas au ralenti dans le vent. Elle n’est pas d’un blanc immaculé. Le stock n’est pas infini. Pourtant, en moins de deux jours, elle est généralement tachée de vomi, d’urine, d’excréments, voire parfois de certaines substances nauséabondes inqualifiables. Parfois tout en même temps. Parfois par plusieurs personnes différentes. Et ce en même temps quand même.

Nous ne sommes pas d’invincibles guerriers solaires auréolés de lumière. Nous sommes des êtres humains. Quand il pleut nous sommes mouillés. Quand il fait froid nous grelottons. La couverture de la chambre de garde nous donne des plaques d’urticaire.

Assez régulièrement nous ne sommes que des êtres fatigués qui arrivent au bout de leur quatre-vingt cinquième heure de travail de la semaine. Certains soirs de garde il m’est même arrivé de toquer à la porte AVANT de sortir. Puis de rester bloquée de l’autre côté parce que voilà, comment voulez-vous retourner dans le box après ça sans vous couvrir définitivement de ridicule.

Parfois cela nous transforme en individus aigris et désagréables. Les cris des enfants nous répulsent. La tête de leurs parents également. Une simple phrase nous insupporte. Par exemple, quand on nous amène un enfant pour « fièvre depuis hier soir », à la question « A combien est montée la température ?», la réponse « Il était très chaud » n’est pas recevable . Il en va de même pour « Au toucher ça faisait 39,5°C ». Quelques infirmier(e)s nous donnent, selon les cas, des envies de meurtres ou de suicide, sans même le savoir. Car à la question « Tu peux m’aider s’il te plait, il convulse » la réponse « J’arrive, je finis juste de ranger les papiers dans le nouveau bureau » est un mauvais choix. Peut mieux faire également pour « Attend, je prend ma pause, j’arrive dans 15 minutes ». Certains soirs faudrait voir quand même à ne pas abuser : nous ne sommes pas des bisounours.

Donc certains jours nous ne sommes que des humains stupides. Exaspérés. L’idiote égarée qui passe aux urgences pédiatriques à 2h du matin un dimanche avec une ordonnance de vaccin datée d’il y a 6 mois fait monter en nous une colère insurmontable. Je ne parle même pas du patient adressé par son médecin traitant il y a plus de dix jours, qui arrive finalement un samedi soir à quatre heures. A ce stade-là, je dois avouer que personnellement je m’agrippe au bureau pour me retenir de sombrer dans une folie meurtrière infinie. (Il faut admettre que la camisole sied encore moins bien que la blouse…)

Certains jours nous ne sommes même plus médecins, nous ne sommes que des individus mal à l’aise face à la détresse de leurs semblables.

A ce sujet, rien ne me plonge plus dans le désespoir que les consultations "psy". J’en profite pour lancer un appel à tous les médecins de ville dans leurs cabinets : arrêtez de m’envoyer vos patients psy aux urgences. Même accompagnés d’un charmant courrier. Sérieusement. N’essayez plus. Je n’y connais rien!

« La petite Madeleine, 13 ans, se fait harceler depuis 6 mois au collège. Elle se trouve donc en grande détresse… » « Thibault, 6 ans, présente depuis peu une grande tristesse de l’humeur secondaire au départ de son père pour Nice (la famille est sans nouvelles depuis)… » « Anna, 15 ans, refuse de manger depuis 4 jours ».

Et ça vaut aussi pour « Mathéo 12 ans » qui vit en foyer et a essayé de se défenestrer.

Ces enfants ont leur place dans un service de pédopsychiatrie, si possible rempli de gens compétents en la matière. Pas sur une chaise en face de moi dans un service d’urgences froid et impersonnel. Que voulez-vous que je fasse à leur détresse ? Que je me déguise en clown et que je danse la carioca ? Vous me faites sourire quand vous évoquez l’intérêt d’un « premier contact »… Mais un premier contact avec qui ? Avec mon incompétence et moi-même ? Avec un individu qu’il ne reverrons sans doute jamais?

Certes je peux écouter tous ces enfants, tenter de les rassurer, les protéger d’un danger immédiat qui les menace, faire de la garderie, du babysitting. Mais j’avoue, je ne me sens pas capable d’apaiser la grande détresse pour laquelle vous me les envoyez. Pourquoi voudriez-vous que je sache mieux que vous ce que je dois en faire? Dans la mesure du possible, j’essaye de laisser ces consultations à mes chefs. Pas parce que je n’ai pas envie de soulager leur peine, mais parce que je n’y suis pas apte. Ma formation me laisse à ce niveau un grand vide. Je préfère donc ignorer sagement le fait que mes chefs ont bénéficié de la même, continuer à voir mes gastros, mes bronchiolites et mes laryngites, pendant qu’eux prennent deux heures avec ces enfants malheureux que vous m’envoyez. Tout ça pour qu’on vous envoie en retour un autre charmant courrier. « J’ai vu en consultation ce jour le petit T. Je n’ai rien fait pour lui. J’ai écouté son désarroi en hochant la tête d’un air condescendant et affligé. J’ai même été un peu affligée pour de vrai devant l’histoire de ce pauvre gosse. J’ai été pris d’un élan de bonté : je lui ai pris un rendez-vous chez notre psychologue pour dans 2 mois (son planning est complet). Je la supplierai demain de l’avancer. Je n’ai pas de lit pour l’hospitaliser. Je ne sais même pas où foutre mon asthmatique qui a 89 de sat. Ils ne veulent bien évidemment pas de lui en psy. Je le réadresse donc à vos bons soins. Désolée. Bisous ! PS : ci-joint, un comprimé de valium 10mg pour soulager votre peine. C’est la maison qui offre. »

Certains jours nous nous sentons donc inutiles. Certains jours nous nous sentons incompétents.

Nous ne sommes pas des héros. Le plus grand danger en médecine serait d’ailleurs de se prendre pour tel. Bien sûr certains jours on est un cador, certains d’entre nous sont des pointures dans leur discipline. Toutefois le lendemain on peut n’être rien de plus qu’un raté. Il faut le garder à l’esprit.

Non, nous ne sommes pas des héros.

Nous sommes des dieux.

Nan, j’déconne.

About these ads

24 réponses à Nous ne sommes pas des héros

  1. wouahou ! magistral
    à diffuser largement

  2. Exceptionnel !
    Me fait penser à cette patiente arrivant en urg un dimanche soir vers 19h30 en ayant "très mal à la main gauche". A la question "Depuis quand ?", je l’entends me répondre "Ohhh, ben une dizaine d’années".
    Craquage total….

  3. La musique épique est un grand sujet de vannes avec mon pompier, qui est loin d’être un héros aussi… Etant moi même musicienne (spécialiste en musique épique avouons-le) il me demande de le suivre en intervention pour pouvoir ajouter le côté "larme à l’oeil" quand il sortira au ralenti de l’immeuble en flamme avec le bébé rose et joufflu dans les bras (le tout sans masque pour qu’on voit son beau visage)

    Alors que la réalité, c’est qu’il a ramassé dans le caniveau pour la troisième fois de la semaine le même clochard alcoolisé et qu’il viendra me le déposer aux urgences où je me ferais vomir dessus en essayant de lui suturer l’arcade. Pas de musique.

    Sinon évidement que de vrai. Nous ne sommes que des êtres humains. Des fois fatigués, des fois 3 fois plus malades que ceux qui viennent nous réclamer des arrêts.
    Sauf qu’on n’a pas le droit de le dire, et que nos problèmes, nos maladies, nos humeurs et notre fatigue, on doit les mettre de côté…

  4. On a du voir les mêmes séries américaines dans notre jeunesse.. et découvrir la même réalité dans la vraie vie… Heureusement la maternité est à peu près épargnée par les clochards enivrés.
    (mais elle reçoit elle aussi son lot de femmes enceintes en déserrance…)

  5. Très bien écrit ce billet, qui fait passer le message avec humour :-)
    Bisous de Simone ;)

  6. Si aux urgences se trouvaient vraiment Dr. Glamour et Dr; Mamour je me serais motivée pour faire médecine !

  7. Ben moi j’ai pas pu m’en empêcher d’avoir de la musique dans la tête en lisant ce post bien mieux écrit qu’un épisode d’urgences….Epique!
    (la musique c’était très étonnament ca: http://www.youtube.com/watch?v=YYjBQKIOb-w …..We can’t be heroes..or just for one day??)

  8. C’est le credo du service public : fournir un service inadapté à des nécessiteux ; au moins, ils sentent qu’ils ne sont pas abandonnés et la société se dit que, décidement, elle fait quelque chose contre la fatalité.

    Si vos consultation psy sont bourrées d’égarés dont vous ne savez quoi faire, c’est qu’on vous les a adressé sans savoir quoi en faire…

  9. Excellent. J’ai rien d’autre à dire!

  10. On vous a attendue ! Vous êtes de retour avec une verve magistrale, un souffle d’humanité qui fait vraiment du bien ! ( alors on regrette moins d’avoir attendu ….)

  11. Wow. Je suis sans mots. Je suis tombée sur ce blogue par pur hasard et ce texte m’a touchée. Une très belle plume.
    Vous n’êtes peut-être pas des héros mais madame, vous avez un don avec l’écriture sachez-le.
    Bien humblement, votre profession vous honore.
    Je reviendrai lire. Assurément, je m’ajoute à vos lecteurs.

  12. Peut-etre pas des heros mais sans doute d’autant plus meritants.
    C’est bon de te relire ! Et encore meilleur de te lire installee dans le canape alors que l’orage noie Canberra sous les eaux. Un vrai bonheur a deguster a petites touches. Merci !

  13. Merci, sublime.. j’attendais votre retour avec impatience..

  14. Blues….bravo, moi aussi j’attendais votre retour avec impatience…

  15. Effectivement, nous ne sommes pas des héros, même si parfois… vu de l’extérieur… avec de la musique… juste après…

    « Qu’est-ce qu’on
    Peut bien faire
    Après ça ? »
    Ça, se passe au fins fonds du Zaïre, dans un dispensaire. Ça, c’est un bébé qui naît en état de mort apparente. Ça, c’est une austère bonne sœur d’un âge certain, qui tente de le réanimer avec les moyens du bord, c’est à dire aucun. Ça, c’est le miracle d’une renaissance, fruit de gestes désespérés, après de longues minutes d’indécision, d’insoutenable attente.
    Ça, c’est une émotion brute, violente, sans fard, objet d’un film document diffusé une nuit de 1990 qui inspire à un certain JJG, qui zappait là par hasard, une superbe chanson : « Juste après ».
    « Qu’est-ce qu’elle a bien pu faire après avoir sauvé l’enfant du Zaïre ? Elle est allée dîner, a écrit une lettre, lu un bouquin, écouté une vieille cassette familière, attendu demain ? Ou alors elle a regardé la nuit, peut-être sans la voir. Il faut regarder loin pour regarder nulle part. » Jean-Jacques Goldman – Commentaire du livre "Rouge"
    J’ai eu la chance d’assister à une représentation que JJG, Michael Jones et Carole Fredericks ont donnée à Marseille lors de la tournée qui a suivi. Le document filmé au Zaïre projeté sur un écran géant collait aux paroles de la chanson et constituait le moment d’émotion le plus fort du concert. Une communion ! Toute la salle retenant son souffle jusqu’à ce que cris et applaudissements accueillent les premiers mouvements spontanés du bébé. Frissons.
    Cette émotion, je l’ai aussi ressentie professionnellement. Je ne suis pas une bonne sœur, je n’ai jamais fait d’humanitaire, ne connais pas le Zaïre, et travaille dans des conditions matérielles idéales dans ma petite maternité de niveau 1. Il m’est pourtant arrivé plusieurs fois d’assister la naissance de bébés en état de mort apparente et d’être l’artisan de tels retours à la vie.
    Ce bébé que l’on aspire, que l’on ventile, que l’on masse, que l’on ventile encore, calmement, dans un stress absolu, avec des gestes assurés, dont on surveille les premiers signes de récupération, les premiers battements cardiaques. Non, ne faîtes pas entrer le père, c’est encore trop tôt. Mettez-lui un bonnet en jersey et préparez moi l’adrénaline, je vais intuber. Un œil sur le chronomètre. Le temps qui file. Combien de temps encore, avant que je ne jette l’éponge ? Au delà de cette limite, son ticket n’est plus valable. Trop de risques. Trop de séquelles. Trop de vies gâchées, de souffrances infligées… Ventilation. Massage. Ventilation. Chrono. Massage. Et puis les premiers mouvements, les premières grimaces, les premiers gémissements étouffés sous le masque, la récupération lente du tonus, ce cœur qui s’accélère enfin, le mien qui ralenti enfin. Et ce bébé qui pleure, maintenant. « Faîtes entrer le papa… »
    Juste après ? Rentrer lentement, en sous régime, fenêtre baissée sur la fraîcheur mordante d’une nuit d’hiver qui nous caresse, et puis regarder loin, très loin, pour regarder nulle part…

  16. Super, continue comme ça, que malades et proches voient l’envers du décor. Mais son oncologue a tout de même dit à mon amie deux mois avant son décès, et après treize ans de combat, ‘on ne peut plus rien faire, allez vous faire piquer ailleurs, il faut en finir.’ Il n’était pas fatigué plus qu’un autre jour, juste qu’il a pris pour lui l’impuissance de la médecine et qu’il a été ….disons…’maladroit. Mon amie avait vu juste avant les soins palliatifs, et tout arrangé pour finir comme elle voulait, quand elle voudrait. Il l’a démolie en lui proposant une mort sur ordonnance, alors que nous avions préparé un départ dans la sérénité. Et ce n’était pas un débutant, mais un oncologue compétent, bien dans sa peau. Ce n’était pas son jour, sans doute, mais il a gâché en une minute deux ans de travail sur nous, et une perspective de départ acceptée sans résignation, mais dans le calme et la sérénité. Puisque tu débutes, ne fais jamais cela. Ca n’a pas l’air d’être du tout ton style, mais on a parfois des moments d’absence.
    Je te souhaite de mener à bien et ta thèse et ton blog, et surtout ta carrière. Mais attention, il n’y a pas que la compétence qui fait un bon médecin il y a aussi l’appréhension de l’humain et tu sembles l’avoir déjà bien compris. Je t’embrasse. Ne prends pas mal cette première intervention, mais j’ai tellement mal quand je repense à ce jour là , c’était le 6 décembre 2010.
    Je reviendrai pour bavarder plus posément.

  17. "à deux heures du matin un dimanche soir" : ça a certainement dû être écrit la quatre-vingt cinquième heure de travail de la semaine… ;-)

  18. Eh oui! Ni des héros ni des Dieux… Quoique… J’déconne!
    Je l’avoue, on ressemble plus souvent à des zombies errants en enlevant la blouse au sortir de la nième garde. Meme cetains patients ne nous reconnaissent pas en les croisant en civil.
    Mais peu importe!
    Nous avons écouté, soigné, fait preuve d’empathie… et finalement nous sommes fatigués mais heureux d’avoir accompli notre métier même si cela est parfois dur voire désespèrant de ne pas avoir pu soulager tous les maux des patients.
    Allez bonnes fêtes! Faut que j’y retourne… Les box sont pleins…

  19. Ping: Médecin Interne, une blouse blanche qui se dit « non héroïne » | KHEMSA+212

  20. Rien à dire si ce n’est que j’aime quand tu fais de l’humour noir.
    Il serait bon en effet que les médecins soient lucides concernant leurs limites. On fait ce qu’on peut avec ce que la société nous donne comme moyens et de plus nous faisons nous même partie de cette société qui se donne ou pas des moyens… (ça va vous suivez ? En gros ce que je veux dire c’est que la situation découle d’un problème politique qui devrait nous faire réagir avant d’avoir un système de santé trop sinistré).
    Et puis, non seulement nous avons nos moments de faiblesse comme tout le monde, des défauts et des qualités (que de platitudes j’écris là), mais le corps médical est composé d’une faune hétéroclite…
    Aujourd’hui j’ai eu la chance de contacter par téléphone un gars, un neurochirurgien, qui a fait un truc bien et courageux, il a pris des risques, des risques pour lui et sa réputation, qui n’a pas ménagé ses rapports avec ses collègues et sa hiérarchie, le risque de se mettre à dos des confrères et des membres du personnel paramédical déjà débordés. Tout ça pour sauver une patiente que je voulais lui adresser et qui faisait, depuis plus de 36 heures, les frais d’une situation désastreuse -mais de plus en plus fréquente- que l’on appelle "Hôpital sous tension".
    Un hôpital sous tension est dans l’incapacité de recevoir plus de patient car il est plein comme un œuf et donc tous les malades provenant d’autre établissements ou des communes environnantes sont déroutés vers d’autres établissements ou bloqués dans ces mêmes établissements. Mais voilà, quand ce fléau (prévisible comme les vagues de grand froid et les SDF gelés en hiver) concerne tous les CHU les plus proches et que votre patient(e) a besoin de leur plateau technique ses chances de survie fondent comme neige au soleil et sont éminemment liées à l’énergie que vous mettrez à dénicher la perle qui vous aidera à faire ce qu’il est possible de faire selon des critères les plus proches des règles de l’art.
    Là, la perle rare,c’était ce confrère.
    Quand je parle de perle, c’est que j’ai passé un temps considérable à essayer de convaincre d’autres collègues, de trouver avec eux des solutions alternatives… sans succès. C’est là que vous mesurez pleinement le contraste entre celui qui se sent responsable du devenir de la patiente et celui qui se sent moins concerné. Loin des yeux, loin du cœur… Encore une platitude mais dont nous mesurons l’impact dans notre quotidien n’est-ce pas et ça use ! Bordel que ça use !

    Mais dis moi il serait temps de revenir à une vie plus normale. C’est quoi ces horaires de malades ? Ne me dis pas que l’on n’a pas le choix, je suis un vieux con et je suis passé par là avant toi. Après toutes ces heures on ne peut plus faire du bon boulot (et encore une porte ouverte malmenée) sauf que tu continues. J’espère que ça te passeras plus tôt que dans mon cas. Crois moi, ça ne sert à rien. Travailler moins pour soigner mieux et continuer à avoir de l’empathie même avec les "idiotes" ou les étourdis qui viennent aux urgences avec une lettre de leur médecin datant de 10 jours… Ne pas perdre les pédales quand tout concourre à nous les faire perdre pour de bon.

    • Jean ! Heureuse de te relire par ici. Aaaah l’hôpital sous tension, quand on ne sait plus où mettre ses patients et qu’on commence même à envisager sérieusement de les empiler à plusieurs dans un seul lit. Casse-tête supplémentaire des gardes, déjà casse-têtes en soi, ultime question de se dire "bon c’est bien joli, je n’ai pas le choix, il faut le garder, mais où ???"
      Ravie de voir que de pareilles perles existent, et heureuse que ta patiente en aie croisée une… !
      Quant à mes horaires, crois moi je fais ce que je peux pour me préserver, je me suis arrangée depuis pour quitter le service plus tôt (plus tôt étant bien entendu ce que j’appelle arriver chez moi à 20h et non 21h… ) Mais je sais que dans le fond tu as tout à fait raison, tu n’es pas un vieux con (ou alors, disons que tu es mon vieux con préféré héhé !) Mais trève de plaisanterie, à bientôt et au plaisir de te relire.

  21. Oui, humains sont les médecins… Le rappeler aux patients, aux collègues… à soi-même parfois. Et Dieu sait que conserver son humeur constante toute une journée+unenuit+une journée supplémentaire, face aux patients de tous poils, c’est difficile. Et quand on y arrive, c’est l’entourage, une fois revenu au bercail, qui en fait parfois les frais… sans comprendre bien sûr !

    Longue vie à ton blog, Stitchette ! (tiens, au fait, pourquoi ce pseudo ? ;-) )

Poster un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s