Survie

C’est l’histoire de ma première intra-osseuse.

C’était une garde horrible. Depuis 17 heures, les gens affluaient avec leurs enfants. Par vagues de dix.

C’était ma sixième garde du mois, il était 4h30, je n’avais pas encore mangé. J’avais essayé vers 3 heures mais mon plat s’était, comme souvent, volatilisé comme par enchantement du petit frigo de l’office. Alors j’avais fait comme toujours, j’avais bu de l’eau à la place ; et du café. Beaucoup de café. Le chef s’était couché à 3h30 et, au bout de deux coups de fils qui étaient déjà de trop, j’avais rapidement compris qu’il valait mieux le laisser dormir. Il en allait de ma survie au sein de ce service.

Moi aussi j’étais épuisée, j’aurais donné n’importe quoi pour un petit quart d’heure de sieste.

Mais c’est là que Cléa a décidé d’arriver, et de bouleverser ma nuit.

Cléa a été le miracle de cette garde, rien de moins. Elle a été amenée à grands renforts de girophares et on ne nous avait même pas prévenus. Je pestais déjà. C’est vrai quoi, la moindre des choses c’est de prévenir quand il s’agit d’une urgence, non ? Non pas que ça aurait changé quelque chose, mais juste que j’aurais pu me préparer psychologiquement. Boire un demi litre de café en plus et me donner une ou deux claques. Prévoir l’aérosol d’Adré en cas d’intubation. Réveiller le chef… Enfin ça, faut voir.

"A priori à l’accueil ils ont dit que c’était pour une mort subite, ils ne jugent jamais utile de prévenir pour ça…" m’explique l’infirmière. Bon soit, mais tout de même.

La maman de Cléa avait retrouvé son bébé inerte dans son lit il y a une demie-heure. Elle l’a prise dans ses bras et lui a trouvé, disait-elle effrayée, "un air de petite poupée toute molle et glacée". Elle a essayé de la secouer un petit peu, mais doucement parce qu’elle sait "qu’il ne faut pas secouer un bébé". Et puis, comme rien ne marchait, elle a paniqué et a appelé le SAMU.

Donc voici Cléa, à peine deux mois, sur mon brancard immense du déchoc, en état de mort apparente. Et voici sa mère qui pleure et qui hurle de douleur dans le couloir. Le décor est planté. Mais c’est bizarre, j’ai l’impression que Cléa respire. Ca fait presque rire l’équipe. Non, sans blague, je ne peux pas prononcer le décès, elle respire, écoute toi-même, prend le stéthoscope. Faiblement, mais elle respire encore.

OK.

Là il me faut deux secondes et demie de silence pour me remettre de cette mort subite où il n’y a point de mort.

Il faut que je me reconnecte.

Bon, c’est parti. Un qui pose une voie, un qui prépare la perf, un qui cherche la table chauffante. Et toi, tu bipes le chef. Oui, même s’il dort.

Cléa est hypotherme à 35.4°C. Elle est archi-déshydratée. Elle frissonne, elle est marbrée de la tête aux pieds, elle présente une cyanose péribuccale et ses membres sont glacés. Bref, c’est clair, elle est en état de choc. Mais elle n’est pas morte.

Problème majeur numéro un, personne n’arrive à la perfuser. Ce n’est pas faute d’essayer. Il n’a pas rappelé le chef ? Rebipes-le, il y a quelque chose qui ne va pas là. Je réessaye aussi, pas moyen de trouver une veine. Son rythme cardiaque se ralentit sensiblement. Elle reste hypotherme malgré la table chauffante. La maman doit se demander ce qu’on fout là-dedans depuis tout ce temps. Personne n’a encore osé lui dire qu’il restait un souffle de vie à son bébé. On a trop peur de lui donner de faux espoirs. Ce serait encore pire.

Toujours pas de voie ? Appelle le chef sur la ligne directe de sa chambre de garde, son bip doit être foutu, c’est plutôt inhabituel qu’il ne réponde pas. Il répond toujours. Il DOIT répondre.

Les secondes passent, interminables. Cléa va très mal. Il faut absolument perfuser. Il faudra peut-être même intuber qui sait. J’ai trop peur d’intuber. J’ai fait ça quelques fois, quand j’étais externe en anesthésiologie. Je ne sais pas si je saurais le refaire. Je ne l’ai jamais fait sur un enfant aussi petit. Je ne pourrais pas, j’en suis presque sûre. C’est trop fragile tout ça, et ça fait bien trop longtemps. Mais où il est, le chef ?

Ne panique pas, ne panique pas, ne panique pas. Et puis soudain, comme un flash. Mon regard se pose sur la petite perçeuse, celle qu’on a reçue il y a un mois. Il y avait une formation, les internes n’étaient pas conviés, il fallait qu’on reste dans les services. Je m’y étais quand même incrustée, plus par curiosité, parce que je savais très bien que je ne poserai jamais de voie intra-osseuse. Bien sûr. Qu’ici il y aura toujours un chef sur place pour le faire. C’est aussi ce qu’ils nous avaient dit. Donc j’y étais allée, ça avait contrarié les hautes sphères hospitalières, mais tant pis. En théorie je sais faire, sur des mini-membres en plastique. J’ai "appris".

Et puis il faut dire qu’à ce moment-là, on pense tous la même chose : on ne va pas laisser mourir un miracle.

Voilà. C’était un de ces fameux moments où on se dit, dans notre tête d’interne, "Si je ne fais rien, le patient va mourir, c’est sûr. Alors autant tenter le tout pour le tout". Vous auriez dû voir leurs regards de fous quand je l’ai saisie, cette petite perçeuse. Ma mine paniquée. Le silence profond qui régnait d’un coup quand je l’ai approchée du tibia de Cléa.

"Mais, tu sais faire ? Tu es sûre ?"

Ben je crois que c’est ce qu’on va découvrir dans un instant.

Et, pendant que je traverse l’os, je m’entends hurler en direction de l’auxilière de puériculture "Va toquer à la porte de la chambre du chef, il faut qu’il vienne… Tout de suite!"

La voie intra-osseuse est posée. On a remplit Cléa à la vitesse de la lumière. Elle redevient un peu rose, sa fréquence cardiaque et sa tension remontent un chouia. C’est déjà ça. Elle se réchauffe. On dirait qu’elle va un peu mieux hein, dites… Et maintenant, qu’est-ce-que je suis censée faire ?

Mon coeur va imploser. Toute l’équipe soupire d’un coup, comme un seul homme, reprend son souffle. Ils me fixent. Pourquoi d’ailleurs ?

Le chef arrive enfin. Je suis tellement soulagée que je réfrène un "Ah tu tombes bien toi" que j’ai pourtant sur l’extrême bout de la langue. A la place je débite, à une vitesse inimaginable, sans même prendre la peine de respirer "Ben heu c’est Cléa, elle a 2 mois, on a tous cru qu’elle était morte mais elle respirait. Elle était déshydratée mais à fond hein, et on n’arrivait pas à la perfuser, c’était annoncé comme une mort subite mais elle n’était pas morte, sauf qu’elle allait mal et qu’elle était marbrée de partout et que j’ai cru qu’elle allait mourir alors du coup j’ai posé une VIO, on l’a perfusée, on l’a remplie à fond aussi du coup et maintenant je sais pas je crois qu’elle va un peu mieux mais je suis pas sûre et il faudra peut-être que tu l’intubes j’en sais rien moi je sais pas faire ça, je sais rien faire, je suis qu’interne et je sais pas mais je crois qu’elle va mieux et…" Je respire enfin, je me rends compte que des larmes coulent de mes yeux, je ne sais même pas pourquoi. Qu’est-ce-que ça vient faire là ce truc au goût salé ? Dieu merci le chef est là.

Je crois bien qu’il n’a rien compris à tout ce que je viens de déverser sur lui parce qu’il fixe le tibia de Cléa et qu’il me demande "Mais qu’est-ce t’as fait ?" comme ça, d’un air atone.

Un peu après, il me semble qu’il m’a complimentée. C’était bizarre, c’était flou, je ne me souviens plus bien, j’étais effondrée sur une chaise et j’étais ailleurs. J’étais en plein burn out.

Alors, même si l’hôpital fout le camp, même si le système de santé dépérît. Même si certains jours la mauvaise prise en charge des uns me bouffe, l’indifférence des autres me ronge, que je suis épuisée, que je meure de faim, que parfois c’est dur émotionnellement. Même si tout est désorganisé, que le matériel est vieux, que le chef est venu très tard, que parfois nos efforts sont anéantis.

Même si demain je serai aussi nulle que hier, même si c’est sûrement pas sorcier de poser une voie intra-osseuse et que je n’ai aucun mérite. Même si je vais peut-être rater toutes les autres, même s’il va m’arriver malheureusement de perdre l’un ou l’autre patient, parce qu’un miracle comme ça, c’est unique.

Oui, même si l’on croit tous ici, en dedans et en dehors, que l’hôpital français est foutu, des fois on y fait quand même des choses biens. On y voit des petits miracles. On travaille en équipe, on y est formés, on y apprend. On y pleure, on y rit, on y espère et on y regrette. Et on y empêche des bébés de mourir. Même sans trop savoir ce qu’on fait.

C’était la nuit de ma première intra-osseuse.

C’était aussi la nuit où j’ai annoncé la meilleure nouvelle de ma vie. "Madame, en fait Cléa n’est pas morte… Vous voulez que je vous emmène la voir ?"

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49 réponses à Survie

  1. Magnifique. Bravo à toi !
    J’ai été jeune fille au pair dans une famille qui avait eu un bébé "mort subite" juste avant que j’arrive : ils étaient dans un état pitoyable. Tu a sauvé plus d’une vie ce soir.

  2. Très beau billet…
    Je n’ose pas imaginer comment sortir de cet état, après l’arrivée du chef…comment refaire surface ?
    Peut-être l’annonce à la mère que son enfant est vivant, peut-être et j’espère que ça vous permettra de pourvoir re-respirer, un peu ? :)
    Je vous envoie beaucoup de réconfort (même si c’est mon premier commentaire).
    Alexandra

  3. bravo ! ♥

  4. Ce soir j’aurai adoré un autre miracle.
    Mais là on ne pouvait absolument rien y faire.

  5. Très belle histoire, pleine d’émotion et de combativité. Bravo à toi et à la foi que tu portes en ton métier. Quelle beau sauvetage de plus d’une vie cette nuit là :D

  6. Bravo, je ne sais pas quoi dire de plus, whaou, bravo.

  7. C’est une belle histoire, et je peux à peine imaginer le bonheur de cette famille, parce qu’une petite interne a osé émettre un petit "elle respire".

  8. Waaaaaaaa. Est-ce que les parents savent le miracle que tu as réalisé? Et comment va t elle maintenant?
    Tu as vraiment su réagir dans la panique.
    J’ai eu la chance de rencontrer des gens comme toi qui une nuit m’ont sauvé la vie, leurs visages et leurs voix resteront à jamais gravés dans ma mémoire.

    • Merci beaucoup à toi. J’ai réagi dans la panique oui, mais sans savoir que j’avais ça en moi… Quelque part, c’est un peu rassurant, même si j’ai toujours aussi peur qu’il se produise une truc semblable !

  9. Et bien, tu lui as sauvé la vie à cette petite. C’est au-delà des mots.

  10. Bonsoir,
    J’ai peur de paraître présomptueux mais, à lire la fin de ton texte, j’ai l’impression que mes commentaires quelque peu désabusés t’ont un tantinet blessée, bousculée. Je dois te paraître un vieux con désabusé, un peu cynique et très pessimiste qui voit tout en noir… mais je continue à me remettre en question et du coup je m’octroie le droit de remettre en question ce que je vois de critiquable autour de moi. C’est bien que tu sois enthousiaste. Je comprends ce que tu as du ressentir face à ce stress qui compte parmi les plus forts que tout médecin de pays développé ait à affronter (je dis ça parce que malheureusement il y a bien des pays où le mort d’un enfant en bas âge est si "banale" alors qu’ici elle est insupportable). Je ne t’écris pas ça pour te flatter, mais tu t’en es très bien sortie et c’est l’essentiel, je comprends que tu sois heureuse de pouvoir l’écrire, témoigner de l’intensité des décharges d’adrénaline que notre travail peut provoquer et puis témoigner du plaisir bien mérité d’annoncer à la maman que tu viens de sauver son enfant. Ce stress ne disparaît pas forcément avec l’âge, même si évidemment l’expérience permet d’aborder certaines situations avec un peu plus d’aplomb. Pas de celles que tu viens de décrire. Celui qui reste zen, sans, à aucun moment, éprouver un doute sur le sens de ce qu’il fait, la qualité de son intervention etc, etc…face à ça… "no comment".
    Oui, je continuerai à penser que c’est inadmissible qu’un "chef" ne fasse ne serait-ce qu’insinuer qu’un interne de garde le dérange s’il l’appelle à l’aide pendant que "Môssieur" dort . Je sais bien que c’est souvent la règle, mais passes-moi l’expression, cette règle je la conchie !
    Oui, on fait aussi des trucs biens aux urgences et dans d’autres services tout aussi décrépis pour certains… c’est sûr.
    Moi, c’est moins glorieux, j’ai retiré un corps étranger de la narine d’une fillette de trois ans sans qu’une seule lame ne soit versée aujourd’hui. Hé bien je suis content aussi !
    C’est grâce au "zèle" que tout ce merdier fonctionne.
    Le zèle, cette petite goutte d’huile que du personnel consciencieux (mais oui il y en a encore, mais de moins en moins et pour cause…), rajoute dans la machine pour qu’elle fonctionne malgré tout sans se gripper. Mais je souhaiterais que tu comprennes que ce que j’écris dans ces commentaires n’est pas toujours inspiré exclusivement par tes témoignages… mais par les autres commentaires qui les accompagnent. Encore une fois que de café et de thé gâché par le sel des larmes de tes lecteurs ! Jamais de colère ! Si ce n’est contre les méchants chefs ou les méchants cowboys du smur ou autres… Pas contre une politique de sape systématique et délibérée.
    J’aimerais que les gens comprennent qu’à l’hôpital il n’y a pas plus de héros qu’ailleurs, que les gens n’y sont pas meilleurs ni pires.
    On vit des choses qui sortent de leur ordinaire, c’est pour ça qu’on en fait des séries à la télé…un peu comme pour les flics. On voit la mort, la violence physique et psychique, la nudité, la maladie et les blessures, la misère humaine, le sang et la merde… des "tranches de vie". On a le privilège d’entrer dans l’intimité des gens comme personne… C’est ce qui fait la richesse de notre métier, mais pas notre valeur individuelle.
    Bien confraternellement.
    Et si je te mets en colère eh bien c’est déjà ça !
    Jean

  11. Ceci dit, je n’ai plus envie de faire le trouble fête. Tu écris bien et tes témoignages font découvrir notre univers à certaines personnes alors bonne continuation.

    • Bien cher Jean qui est maintenant un habitué,

      Je vais répondre d’un seul bloc à tes deux commentaires. Tes commentaires "désabusés" comme tu le dis ne m’ont pas blessée je te rassure. Énervée l’espace d’une minute peut-être, et encore, parce qu’on s’était mal compris et que j’ai mauvais caractère. Mais bousculée sûrement. Non pas que ça soit une mauvaise chose, bien au contraire. Si j’ai écrit cette fin de cette manière, c’est plutôt grâce à toi que à cause de toi. Parce que tout ce que tu disais dans tes commentaires m’a donné à réfléchir. Beaucoup.
      C’est vrai que je ne parle pas souvent des dysfonctionnements de l’hôpital. Je parle parfois de l’irrespect qui y règne. Parfois aussi des dysfonctionnements et des incohérences du système, comme dans Monsieur le médecin chef des Urgences, Que sont nos médecins devenus, L’ouverture de la chasse ou encore ici dans Survie où j’exprime mon désarroi face à l’abandon de mon chef… Devrais-je parler plus de ce qui va mal plutôt que de mes états d’âmes ? Peut-être. Mais comme je te l’ai dit dans un autre commentaire, je parle ici de ce qui me touche au fur et à mesure de mon apprentissage. En ce qui concerne la nullité de notre système, je suis plutôt du genre à l’améliorer sur le terrain, ou du moins à essayer (encore merci pour l’idée des staffs avec présentation des dossiers où il y a eu erreur), même si ça dérange en haut lieu.
      Bien au contraire, je trouve ça très bien que tu te remettes toujours en question et que tu le fasses également pour ceux autour de toi, il n’y a que ça qui fait avancer. Merci aussi de rappeler que certains chefs n’ont rien contre le fait de se faire réveiller par l’interne (ouf, suis rassurée).
      Concernant ton corps étranger, peut-être moins "glorieux" si tu le dis, laisse-moi te raconter quel est mon meilleur souvenir de mon stage de pédia. C’était un soir de garde où est arrivée une petite avec une tique fichée dans le cou, adressée par son médecin traitant qui n’avait pu la lui retirer parce qu’elle avait été infernale. Je me suis pris le temps de parler à cette enfant, de la rassurer, de lui expliquer ce qu’on allait faire (oui, c’était une garde calme). Et elle n’a pas bougée pendant dix minutes. Devant le regard médusé de ses parents. Peut-être ma plus belle réussite.
      J’aimerais moi aussi que les gens comprennent la même chose que ce dont tu parles : pas de héros, juste un métier formidable, mais hautement difficile parfois. Ton but est louable, mais dur à atteindre.
      Donc voilà, cher Jean, j’espère que tu reviendras par ici lire ce commentaire. Comme ça tu sauras que je te remercie de m’avoir un peu bousculée et de m’avoir fait réfléchir. (C’est pour ça que j’accepte tous les commentaires, même si je n’ai pas toujours le temps d’y répondre immédiatement. Parce que j’aime réfléchir, et surtout que dans ce métier on n’est rien sans remise en question.) Pour savoir aussi que je partage ton avis sur de nombreux points. Et pour que tu saches que tu n’es pas un trouble fête. Et que tu peux revenir quand tu veux, que tu es même le bienvenue.
      Bonne soirée à toi et à bientôt.

  12. Wahou c’est fort !
    Et oui tu dis "je n’ai aucun mérite" ça aurait pu tout aussi bien foirer… mais avec le recul, tu y repenses avec un petit sourire en disant… "putain je l’ai fait. Et ça a marché."

  13. je ne suis pas médecin. je suis "femme de"; mon mari est médecin. j’aime venir découvrir ici, tout ce que Lui vit au quotidien. car chaque jour, j’essaie de comprendre ses silences, ses humeurs, ses contrariétés après ses gardes, et ce n’est pas toujours simple. être "femme de", c’est accepter les horaires anarchiques, les gardes de nuit, les astreintes, les urgences.. c’est aussi sacrifier un peu sa vie professionnelle pour s’occuper des enfants, parce que Lui, il ne peut pas quitter son travail facilement. c’est aussi accepter ces silences et ces angoisses mystérieuses.
    je ne comprendrai jamais de l’intérieur tout ce que vous vivez, tant c’est intense humainement. mais je te dis Merci de nous faire partager ces moments, ces tranches de vie. j’ai un peu l’impression, en venant ici, de rentrer dans les secrets de celui qui partage ma vie.

  14. Emouvant, et merveilleusement écrit, comme le reste du blog.

  15. Je passe chez toi pour la première fois, je me suis arrêté net, car ce métier je l’ai toujours aimé, oui nous pouvons tous être des "héros" dans chaque corps de métier de façon forcément différente. Je partage sur certain point le commentaire de "Jean". Ce que je déplore c’est l’habitude et le désinterêt que l’on peut trouver dans chaque individus peut importe le métier qu’il fait, c’est pour cette raison que j’ai aimé ton billet et surtout ton action ce soir là, imagine que tu ai attendu la venue de ton "chef"…. Cléa ne serait plus de ce monde, tu peux avoir la fierté de dire et d’écrire que GRACE à toi Cléa et vivante ! sauver une vie ne doit jamais devenir banal !
    Soit fière, et merci à toi d’être différente, du courage tu en a, ne te laisse jamais abattre par des cons qui te dirons le contraire !
    le même goût salé je l’ai goûté à la lecture de ton billet avec bonheur.

  16. texte très émouvant ce texte. Tu racontes bien le quotidien du personnel des hopitaux, l’angoisse, le stress, mais aussi les moments magiques qui peuvent survenir! Par contre petite info , je suis infirmière puéricultrice, je travaille avec mes collègues "auxiliaires de puériculture"

  17. Tout d’abord bravo..tu peux être fière, j’espère que Cléa va bien.
    Pendant nos études et notre internat, on apprend plein de choses théoriques en médecine d’urgence. Moi, en bonne peureuse et angoissée, j’espérais toujours que je n’aurais pas à y faire face. J’étais convaincue que je paniquerais, et je ne serais bonne à rien.
    Et puis un jour, en pleine nuit de garde, j’ai eu à gérer une grosse urgence de mes petites mains, un peu comme toi. La différence, c’est que ça s’est mal terminé..
    Toujours est-il que quand les renforts sont arrivés, comme toi, je me suis écroulée sur une chaise, et j’ai pleuré, je ne parvenais pas m’arrêter.
    Mais cette nuit là j’ai pris conscience que dans le feu de l’action, sous le coup de l’adrénaline, j’avais fait les gestes que j’appréhendais tant, sans me poser de questions. Et toute la panique que je pensais ressentir à ce moment là est apparue après coup.
    Quand on est confronté à une grosse urgence, on n’a pas vraiment le temps de beaucoup réfléchir, et c’est probablement mieux ainsi…
    Merci pour ton blog !

  18. Bonjour,

    C’est une situation pas si rare, finalement:

    http://www.jaddo.fr/2011/09/08/je-me-disais-oh-mon-dieu-il-est-mort-il-est-mort/

    Cordialement.
    ml44

  19. Encore un récit émouvant. Tu étais là au bon moment pour cette petite. Cela s’appelle le hasard.. ou le destin.
    Quel sang-froid malgré tout… Un sang-froid qui s’apprend sur le tas. J’imagine pas ce que vous avez à gérer émotionnellement. Et ça, je ne crois pas que ça s’apprend dans les livres.
    Le dysfonctionnement des hôpitaux, le manque de budget, tout le monde le sait, tout le monde l’a vécu au moins une fois. La santé et l’éducation sont les parents pauvres des budgets de l’Etat. Et malgré tout vous essayez de faire du mieux que vous pouvez. Jusqu’à quand y parviendrez-vous ?
    Courage !

  20. Alors, je ne suis pas médecin ou "soignant", seulement parfois patiente.
    Je ne sais plus par quel biais je suis arrivée sur votre blog et depuis, je lis, vers l’arrière. Et je pleure, et je ris, et je pleure, et je ris…
    Et je me dis qu’heureusement, il reste des (jeunes et moins jeunes) médecins tels que vous. J’ai la chance d’en avoir connu quelques un(e)s.
    Merci beaucoup

  21. Bonjour, bravo pour votre blog..
    pour cette histoire : je dis tout simplement " wahou"…j’en suis restée scotchée…. pour d’autres j’ai eu la larme à l’oeil, d’autres j’ai souri… au plaisir de vous lire, super toubib . :-)

  22. Bonjour stitchette

    je viens de lire avec plaisir ton dernier post et les autres sur ton blog que j’ai découvert… Chut, c’est un secret!!!

    Mon épouse m’a devancé, car j’étais en plein sevrage (un peu rapide) du Neurontin et du Durogésic. Cela me laisse, à chaque palier, dans un fichu état pendant quelques jours avec douleurs, sueurs et fatigue. J’étais assez pressé d’arriver à zéro; j’y suis, j’y reste.

    Bon fini pour moi. J’ai d’abord découvert un talent que j’ignorais de toi, même après un stage: l’écriture.
    Rédiger une ordonnance ne demande pas les même qualités: sensibilité, mots justes, émotions: c’est mieux que les trop stupides feuilletons à la télé, car ce que tu racontes si bien est ce que tu vis dans ta vie de bébé-docteur. Et tu le fais très bien, si, si, ne rougis pas!

    Je pense que tu sauras continuer rédiger de très beaux textes et des ordonnances qui suivront cette règle bien souvent oubliée par nos grands pontes soutenus par les industries pharmaceutiques: "primum non nocere" : pour les nonlatinistes: d’abord "ne pas nuire". De récentes affaires sont là pour conforter cette idée, et la liste est loin d’être close.

    La qualité d’un médecin ne se juge pas à la longueur de son ordonnance.

    J’ai été très surpris et ému de lire et donc d’apprendre la place que j’ai bien involontairement prise auprès de toi. L’élève dépasse le maitre alors…

    Le coup du pyjama, j’avais oublié, mais il m’a bien fait rire.

    Ta sensibilité est une bonne chose pour la relation humaine, mais apprends vite à te protéger. Le stress, le contact avec la vie, la souffrance, la mort, l’erreur, la peur, l’impossibilité de sauver tout le monde, les liens qui se tissent petit à petit avec nos patients (et la liste est longue) tout cela tu peux apprendre à le gérer au mieux.

    Hélas, notre formation médicale est plus que laconique à ce sujet, comme elle l’est concernant la relation si particulière médecin-malade.

    Voila, il est 5 heures du matin, un peu d’insomnie, les dernières gardes ne sont plus que des souvenirs.

    Te revoir sera pour moi un grand plaisir.

  23. Ping: Les blogs médicaux | drmoyenne

  24. J’aime beaucoup le passage de la mini-perceuse. C’est insolite. Entre vous et cette petite fille, c’est un peu un rapport Gepetto-Pinocchio, mais en féminin et en vivant. Et bien sûr, l’arrivée du chef aurait tout foutu en l’air dans ce conte de fée actuel qui vient déjà d’entrer dans la légende. Culte !

  25. Ai découvert ton blog grâce à un commentaire de Nouche chez Pensees de ronde et du coup entre hier et aujourd’hui, j’ai lu tous les billets et pas mail de commentaires (j’ai retrouvé le médecin au pyjama dans son commentaire et dans ton billet top ten sur lui!).
    Beaucoup de larmes et quelques éclats de rire. Je suis vraiment très touchée par ton partage et par la qualité de ton écriture. C’est bien de voir la face cachée, l’envers de ce que l’on perçoit du monde de l’hôpital. C’est très émouvant et je pense que ceux qui ont "l’occasion" de te croiser ont beaucoup de chance. Merci.

  26. Première fois que je passe ici.
    Scotché par cette belle et terrible histoire…avec un sens aigu du récit.
    Bravo…
    Cette histoire de retour "miraculeux" à la vie fait penser au reportage de Michel Honorin qui avait inspiré une chanson.

    Et toi tu as fait quoi juste après ça..?

  27. Bravo ! Vraiment bien écrit, on revit ses propres gardes, dix-quinze ans en arrière ! … et ces gestes vus une fois, souvent par hasard, et qu’on reproduit parce qu’on n’a pas le choix.
    On est au bord des larmes… Je poursuis ma découverte de ce blog si émouvant :) )

  28. bonjour…
    heureusement pour clea y aavait un ange pour lui suavé sa vie.
    moi ce qui ma attiré dans votre récit c’est surtout le ton style et la façon que tu a raconté cette histoire, je trouve que ta bien réussi a nous faire vivre avec toi ton aventure, comme c’est été nous, grâce a ton style d’écriture comme une grande romancière. encore bravo.

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