Rose est le plus beau bébé du monde . Au moins.
Elle est toute petite, elle vient de naître. 2897 grammes. 49 cm. Elle sent bon le nouveau-né, de cette odeur adorable qu’ont tous les bébés, et dont toutes les mamans pourraient vous parler durant des heures. Elle est parfaite. Elle a de tout petits pieds mignons. De toutes petites mimines potelées. Elle dort. Elle dort paisiblement. Elle dort à poings fermés, couchée dans cette position typique du bébé. Un demi-sourire sur son visage. Quel beau spectacle.
Le temps est suspendu. Il fait nuit noire dehors. Tout est calme. Je la regarde dormir, fascinée par les mouvements de sa respiration. Inspire, expire, inspire, expire. Ô temps, suspend ton vol.
Rose est née ce matin à 7h30. Sa maman est morte. Une vie pour une autre. Je ne m’explique pas ce qui est arrivé. Une embolie amniotique à ce qu’ils ont dit, je n’ai pas tout compris. J’ai juste retenu que c’était une pathologie qui serait responsable de dix pourcents des décès maternels. J’avais oublié que l’on mourrait encore lors des accouchements. Que c’était rarissime, mais toujours possible.
Ils ont essayé de la sauver ta maman, petite Rose, à la maternité. Ils ont vidé la banque du sang. Ils t’ont sortie de là au plus vite et ils se sont affairés autour d’elle. Vite. Du sang, des plaquettes. Le matériel d’intubation, le massage cardiaque, le défibrillateur. Je suis désolée que ta maman soit morte ce matin. Une vie pour une autre, ce n’est pas comme ça que ça marche. Je m’excuse au nom de toute cette médecine qui n’a rien pu pour elle.
Je te parle. Ma puce… Je te câline. Papa n’est pas là, mais papa va venir. Attends encore un peu s’il-te-plaît. Attends que papa, dévasté, se recolle un peu. Il arrive. Il est en chemin.
Je suis près d’elle dans la pénombre, avec pour seule lumière dans cette obscurité celle des écrans de surveillance. Je suis au bord des larmes. Je ne sais pas pourquoi ça me touche de si près cette fois-ci.
Inspire, expire, inspire, expire.
Qu’est-ce-que je vais dire à ton papa, Rose, ma toute belle, mon bébé joli. Est-ce-que j’ai le droit de lui présenter mes condoléances, de lui dire que je comprends ? Que c’est normal qu’il soit au bord de craquer, qu’il ait envie de pleurer. Lui poser une main sur l’épaule, le prendre dans mes bras ? Où finit le médecin, où commence l’amie ? Quand franchirais-je le cap, quand serais-je trop proche ? Est-ce-que c’est si grave si ce soir je montre trop de compassion, trop d’empathie ? Si je laisse transparaître qu’au-delà d’une blouse blanche il y a un être humain ? Est-ce-que c’est vraiment mal, dis, Rose ? Est-ce-que c’est tellement grave ? Est-ce-que quelque chose de plus que ce froid professionnalisme ne ferait pas plus de bien à ton papa ? Est-ce-que ça veut dire qu’après ça je ne suis plus docteur, que je ne peux plus être ton docteur ? Dis, Rose ?
Qu’est-ce-qu’on va dire à papa, et comment ? Comment je peux lui dire que ce bébé souriant dans son sommeil va mal ? Comment je peux lui dire que ton EEG est presque plat … Comment je peux lui dire que tu es dans le coma ? Que tes chances de guérison sans séquelles majeures sont ridicules ? Que tu t’arrêtes de respirer, que tu fais des apnées depuis deux heures, qu’on ne te sauvera pas toi non plus ?
Inspire, expire, inspire, expire.
Rose, petit bébé mignon, dis-moi, comment va-t-on dire à papa que tout est fini ?
Papa n’est pas loin, Rose. Il est dans le couloir tu sais. Il n’a juste plus la force. Il est tout cassé, un peu comme toi. Il a l’impression que sa vie est finie, mais tu verras, il va aller mieux, il va se réparer, ne t’en fais pas. Il y a Florence et Aurélie, tes deux grandes soeurs. Il vivra pour elles. Il ne va pas se laisser mourir, c’est promis, c’est juré.
Tu verras.
Inspire, expire, inspire, expire.
Papa est tout près, juste derrière la porte. Il pleure. Il t’aime trop fort, c’est pour ça qu’il ne peut pas rentrer tu sais. Mais moi je suis là, Rose. Je ne vais nulle part.
Je pose ma grande main sur toi. Je te câline. Je sens sous mes doigts ton petit coeur qui ralentit. Ta poitrine se soulève de moins en moins. Tu t’arrêtes de respirer, tu recommences, tu t’arrêtes à nouveau. Puis plus rien.
Ma main est sur ton tout petit thorax. Tu ne respires plus. Tu es toute chaude, tu sens toujours bon le petit bébé mignon. J’ai envie de te prendre contre moi, de te serrer fort. Tu n’es pas seule, je suis là. Et papa est toujours tout près. Ton coeur s’est arrêté, n’aies pas peur, tout va bien.
Tout va bien.
Il est 5h50. Tu es le plus beau bébé du monde. Le plus beau bébé que j’ai jamais vu. Je ne bouge pas. J’ai toujours ma main délicatement posée sur toi. Dieu que tu es belle. Tu es parfaite.
Mais dis-moi, petite Rose, ma toute belle, mon bébé joli, comment vais-je pouvoir sortir d’ici, comment vais-je pouvoir te laisser là et continuer. Comment va-t-on dire à papa chéri que tu es partie…

Très ému. Merci.
Merci à toi…
Merci de nous sapper le moral de si belle manière le lundi matin…. Merci et puis… courage…
… pffff….. à quand des histoires ousqu’on sourit ?
Ça viendra aussi promis !
Merci, mais que c’est dur…
Merci de votre passage
Seuls de violents mots me viennent pour qualifier cette saloperie de vie qui ose ainsi transformer un heureux événement en horreur totale.
Je n’ai jamais vécu ce drame mais nous savons que la mort peut salement roder autour des salles de naissance. Une fois, elle a essayé d’entrer. Cette longue nuit, ce combat de toute une équipe pour sauver cette femme est gravé à jamais dans ma mémoire.
J’imagine bien à quel point. J’ai, moi aussi, de pareils combats gravés…
je découvre ce blog, merci pour ce billet, mais que c’est dur…
Bon, ça va, le concours de première année ne filtre pas encore totalement les gens avec un coeur en plus d’un cerveau
Alors ça c’est un très beau compliment, merci…
Les mots me font défaut alors juste merci.
Merci de votre passage par ici.
Maître Eolas avait raison, il ne faut pas lire les blogs de médecin le matin. Jamais. Saloperie de vie parfois
Désolée Babeth, j’essayerai de me retenir jusqu’au soir la prochaine fois
Bonne journée et merci pour ton magnifique billet sur Monsieur A qui m’a rappelé bien des souvenirs…
Quel atroce moment tu as dû passé…..
Je suis maman de 2 enfants et cet article m’a ému aux larmes…
Atroce moment en effet, je l’ai partagé avec vous et vos commentaires m’ont mis du baume au coeur…
Pffffiou bon là j’arrête pour ce matin parce que c’est vraiment trop dur
Petite poupée… Petite maman. Quelle vie de merde !
J’ai les larmes aux yeux, mais merci.
Merci aussi.
Très beau post….
On est toujours médecin ( ou sage-femme dans mon cas) même si on a pleuré avec le survivant….on a beau vivre des choses tristes régulièrement des fois trop c’est trop….
C’est même les choses qu’il reste en mémoire chez eux et leur proches des années après quand on en reparle….
Années qui on l’espère lui auront permis de retrouver la paix ainsi que ces filles après cette horreur….
J’espère qu’on est toujours médecin… A la faculté on nous apprend plutôt l’inverse. Du coup on se répète “ne pas s’attacher, ne pas s’attacher”, mais on n’y peut rien : on est humains… Merci pour votre commentaire.
Pas de mot devant tant de souffrance, juste te dire que oui c’est possible d’être un bon médecin et de devenir l’amie …
Peux-tu développer car ça m’intéresse, ça répondrait à une des grandes interrogations de ma vie ça… Merci beaucoup en tous cas, ça me rassure…
C’était hier…
Il avait 10 ans, c’était mon gros bébé bouclé. Il a été malade pendant 4 ans, si long et si court à la fois. On a eu le temps de les connaitre ses médecins tout au long de ces 4 années, de les côtoyer presque quotidiennement, de partager l’intime avec eux en prenant bien soin de toujours garder une distance de sécurité pour ne pas laisser la maladie tout envahir. Ils savaient beaucoup de nous sans qu’on ne sache rien d’eux. On leur a confié une partie de nous, ils ont tout fait pour lui.
Et puis un matin de printemps, après une longue nuit d’aurevoir, mon gros bébé bouclé s’est envolé. Elle (ça aurait pu être toi) s’est extraite de son lit, a laissé ses enfants à son mari, elle est venue nous rejoindre si vite pour le pleurer avec nous. Elle a tenu une dernière fois sa main, la mienne. Elle m’a dit sa douleur, a partagé la nôtre.
Elle a laissé qq mois passer puis a osé nous recontacter. On s’est revu sans blouse blanche, sans pleurs, sans arbre à perf, au milieu des rires et des cris de nos autres enfants. On est devenu amies, après ce qu’on a vécu on a décidé ensemble de construire le superficiel. Je l’ai retrouvée ce midi justement, on a nagé toutes les deux …
Elle travaille dans un service difficile, voit beaucoup d’enfants qui vont mal et qui n’iront sans doute jamais mieux. Elle ne s’était jamais attachée avant, comme elle s’est attachée à nous, à lui. Je n’imaginais pas ma vie d’après le jour sans elle, et elle sans nous. On a laissé faire l’évidence…
Magnifique récit. Je ne peux que te témoigner toute ma compassion, et te remercier de m’avoir prouvé ainsi que les “limites à ne pas dépasser” qui nous sont imposées peuvent parfois être franchies de manière positive. Juste merci beaucoup d’avoir partagé ça avec moi.
Leçon de vie… tout peut toujours arriver, surtout le pire.
Le meilleur aussi j’espère… Merci de votre passage.
Il n’y aura que le temps qui rendra la cicatrice moins douloureuse, le temps et l’amour des proches. Quand on est en puzzle, il faut du temps pour remettre les pièces survivantes en place. Le plus dur, ce n’est pas forcément là maintenant quand tu as perdu à la naissance ton enfant et ta femme, car tout le monde est empathique, quoi que, le pire c’est quand les gens ont oublié, ou plutôt que l’horreur de l’histoire s’est estompée alors que toi tu vis encore avec comme si c’était hier. Ce décalage des temps est un des trucs les plus durs que j’ai jamais connu.
Merci pour cette note très émouvante
Ce commentaire, venant de vous, ne peut que me toucher. Je me rappelle avoir été bouleversée par le récit de votre propre histoire… Ce que j’ai pu vivre de mon côté est dérisoire par rapport au vécu de ce papa. J’espère que l’on se reconstruit un jour de tout cela et que cet homme y parviendra… J’imagine à peine à quel point ce décalage doit être douloureux… Merci beaucoup d’être passé par là. Vraiment.
comme dit dupagne heureusement que le concours laisse passer des médecins avec en coeur
et effectivement là tout de suite le papa sera entouré c’est après qq mois ou années qu’il aura l’impression de porter cette tragédie tout seul
Merci beaucoup. J’espère que ça ira pour lui. C’est frustrant parfois de ne plus revoir les gens…
Fallait prévenir de ne pas lire ça entre 2 consultations… Faut que j’attente un peu que mes yeux reprennent un aspect habituel…
C’est vrai que c’est dur parfois de ne pas pleurer avec nos patients!
Rien que vendredi j’étais encore limite…
Dur, très bien écrit, et tellement dur!
Affreusement dur en effet, et dur de se retenir… Bon courage et merci !
Ouch, ça me rappelle des choses… superbement triste.
Merci. Je suppose que ça nous rappelle à tous quelque chose malheureusement…
Bon, c’est décidé, j’arrête de te lire tant que je n’ai pas accouché (dans 15j normalement…) et j’arrête aussi le blog de 10lunes…
Ma petite puce dans mon ventre doit bien se demander pourquoi sa maman pleure comme une fontaine….
Mais merci pour ce beau récit… et comme tout cela a déjà été dit, l’empathie c’est ce qui fait un bon médecin, et le plus dur pour le papa et les petites filles sera quand les autres auront déjà cicatrisé mais pas eux…
Courage à tous!
Merci à toi, bon courage pour l’accouchement et reviens nous donner des nouvelles du beau bébé qui sortira
vous ecrivez superbement bien, la j’ai du mal a retenir…je vais aller faire un tour ca va aller mieux…
Merci beaucoup.
quoi?? mais c’est pas possible!! c’est pas possible!! putain
Je suis en larme, bravo !!
J’ai toujours rêver d’avoir une fille, c’est con hein ?!
Je remercie chaque jour que Dieu fait pour moi et mes 3 magnifiques garçons et de notre bonne santé !!
Merci encore pour ce récit <3
Moi qui serait papa dans quelques semaines pour la première fois, ce n’est pas facile a lire tout ca… Je ne sais pas dans quel état je serai à la place de ce papa… Un moment si beau transformé en horreur…
Exactement, la beauté tournée en horreur… Nul ne peut même imaginer comment réagir à cela. Embrassez toute votre petite famille pour moi.
Peu de métier offrent encore de vivre sa passion.
Mais la médecine en fait partie.
Il y a et il y aura toujours des moments comme celui-là, mais c’est pour tous les autres, pour toutes les victoires que ça vaut le coup de se battre.
Merci pour cette note d’espoir !
Pour le papa, ce n’est que le début de l’horreur.
1) Annoncer à ses enfants que maman ne reviendra plus, elle est morte.
2) Annoncer que la petite soeur aussi est morte.
3) Enterrer les morts.
4) Essayer d’être là pour les enfants qui restent. Ils ont doublement besoin de leur papa qui est pourtant aussi dévasté qu’elles.
5) Subir régulièrement les rappels de ceux qui ne savaient pas (le boucher “comment va votre femme ?”), de voir les autres mamans nager dans le bonheur.
Profitez de votre famille tant que vous le pouvez. Après, ce sera peut-être trop tard.
Je n’ose imaginer ce que vit ce monsieur en ce moment. Comment dire à ses enfants que maman et petite soeur ne rentreront jamais…
Très très dur à lire… Impossible de retenir mes larmes… ça prend aux tripes, ça prend au coeur…
Je suis ému aux larmes.
Très joli post même s’il est loin d’être joyeux. C’est dans des moments comme ça que je me dis que je n’étais définitivement pas fait pour être médecin, je ne sais pas si j’aurais tenu. Courage!
Jeune papa, je ne saurai exprimé mes mots, ma sympathie ou tout autre élément de réconfort à ton encontre. Ton texte m’a bouleversé car je ne saurai imaginé ce qui t’arrive et espère ne jamais le vivre.
Je ne peux que te souhaiter de profiter avec ta famille et de se souvenir de l’amour qu’il y avait…
(je n’arrive plus à travailler là tu m’a bouleversé)
“Se souvenir de l’amour qu’il y avait”, très joliment dit, merci.
L’horreur de la situation est aussi immense que la pudeur et la joliesse (si tant est-ce qu’on puisse utiliser ce mot dans pareil contexte) de votre texte.
Etre là ! Accueillir ce que la vie nous amène ! Recevoir cela, avec la difficulté que je peux identifier en moi. Cela me bouscule… Dans les moments difficiles, je remercie l’autre qui a été là la dernière dois. S’apprêter à recueillir son dernier souffle ….. Cela a été évoqué, avec sa sensibilité…… J’ai convenu avec ma mère que je serai là ! Comme nous étions ensemble au dernier souffle de mon père ! Il y a 6 ans. Comme j’étais aussi en novembre passé avec mon frère. Maman n’était pas là, c’était trop pour elle, elle voulait partir avant lui : elle a perdu son pari. Pour l’ultime moment Michel avait sollicité la petite fiole ; je ne crois pas que cela heurtait ses convictions ! Non, c’est simplement trop que de demander à une mère d’écouter les hommages à son fils. ……. Et l’on ne part pas parce qu’on pense vouloir partir ! Non. Il y a encore peu, elle se débrouillait bien toute seule. Elle s’emmêle les pinceaux : cela me fait mal à voir maintenant. Mais bon, je vais sur le chemin, j’emmène mon lot de tristesse avec- de bonheur, quand je peux – et je serais probablement là comme convenu….. Hou là là !!! Je n’avais pas prévu de partager tout cela avec vous ! J’en suis surpris…… Oui, je partage cela avec vous ; la qualité de parole que j’ai rencontré ici m’a amené à lâcher cela, quasi à mon insu ! La mort ne respecte pas l’ordre. Elle n’est pas que triste ! Et quand on a plus peur de la mort, qu’est-ce qu’on peut se marrer, rigoler, déconner et çà fait du bien… la vie ! quoi. La mort fait partie de la vie, et c’est bien ainsi !
Merci pour ce magnifique commentaire. Je suis touchée de vous avoir amené à partager cela avec moi, c’est très beau. Merci de rappeler que la mort est une part de la vie qu’il ne faut pas forcément craindre, merci de rappeler qu’il faut vivre aussi, pleinement.
Billet difficile, mais qui faut lire pour entendre et comprendre… Je le transmet, malheureusement la médecine c’est aussi ça.
Les petits bébés mignons ne devraient pas avoir le droit de mourir. Leurs mamans chéries non plus d’ailleurs…
(moi aussi je suis là à pleurer au bureau au lieu de serrer la fille dans mes bras…)
tres joli texte….tres dur aussi……carpe diem
il faut profiter de chaque jour de la vie
C’est bouleversant
MERCI, merci pour cette petite dont vous avez eu la force d’accompagner jusque dans son dernier souffle . Lui avoir posé cette main pour qu’elle puisse sentir cette chaleur humaine, cette amour qu’elle n’as que trop peu pu avoir … vous avez été là pour elle …
oui vous avez le droit de les pleurer , de prendre son papa dans vos bras. Dans ces cas la seul chose dont on ait besoin c’est de l’ humanité .
J’ai perdu récemment mon enfant des suites d’une maladie génétique et les deux médecins et deux infirmières qui le suivaient à la maison pour ses soins palliatifs l’on pleurer, ont eu des paroles réconfortantes étaient là pour sa cérémonie . Et ça je peut le dire aujourd’hui qu’as ce moment précis ça m’as permis en grande partie à ne pas tomber dans la folie pure . Elles m’ont permis de l’accompagner dignement. Il as donné son dernier souffle dans mes bras entouré des personnes qui l’aimaient.
Aujourd’hui nos infirmières viennent manger chez nous , je vais manger de temps en temps une glace sur une terrasse avec mon médecin de famille (on des très gourmandes toutes les deux !!!)… Il y as des histoires tellement douloureuse qu’on ne peu rester figer dans la relation soignant – patient . Il y a plus qui se crée …. des amitiés …
Merci de partager un peu de votre histoire avec moi, et de me prouver par la même occasion qu’au-delà de la relation professionnelle se crée parfois un lien privilégié…
On va me trouver excessif, mais ce texte sur ce qui est une tragédie pour le papa de Rose, Florence et Aurélie, m’a rappelé la plume terriblement somptueuse d’Albert Cohen, celui du Livre de ma mère.
Moi aussi, les larmes me sont montées.
Ouah, quel compliment ! Mais c’est beaucoup trop, je ne peux rivaliser avec de tels auteurs ! Merci beaucoup cependant.
Pfiou… dur dur cet article, ces bouts de vie qui partent ainsi. Toutes mes sympathies à la famille — et aussi à toi, qui les a vus passer de vie à trépas avec toute ta sensibilité humaine, blouse blanche ou non.
Et, si je puis me permettre… qu’elle soit montrée aux patients ou non, c’est cette sensibilité qui, pour moi, fait l’essence du bon médecin. Merci de nous la partager.
Merci de me rassurer sur ce point.
je viens de fondre en larme à la lecture de ce texte…. tombée dessus par hasard…. (mais y at-il des hasards ???) J’ai été une maman qui a failli (peut être par manque d’écoute de l’équipe médicale soit dit en passant…) être comme celle de votre histoire. Ambolie amniotique moi aussi mais tardive et donc j’en suis sortie. Mon bébé aujourd’hui un grand garçon de 7 ans s’en est sorti aussi sans souci. Mais quel affreux souvenir : mon coeur qui file, l’impression d’étouffer, la tête qui va éclater, et mon bébé qu’on m’a enlevé vite vite pour s’occuper de moi, l’équipe qui panique, le sang partout….
Un RV manqué pour la naissance de mon fils, la mort passée juste à côté…
Même quand on en réchappe, ce n’est pas facile.
Et si j’avais été cette maman morte et si mon bébé avait été Rose…. j’aurais tellement apprécié que vous teniez la main de mon cher et tendre pour tout lui raconter, j’aurais tellement apprécié que vous soyez là pour le dernier souffle de mon bébé.
Ne changez rien, gardez cette humanité intacte et bon courage….
Merci beaucoup pour votre commentaire, et surtout merci de m’avoir rappelé que parfois l’histoire se finit bien… L’un des plus beaux compliments que je peux recevoir est celui que vous m’avez fait : à savoir que vous auriez aimé que, dans le cas de cette maman qui aurait pu être vous, quelqu’un comme moi eût été auprès de votre enfant…
J’en ai le coeur noué, une écriture émouvante, merci.
Dur… Mais pourquoi les médecins ne pleureraient-ils/elles pas avec leurs patients ? La compassion et l’empathie ne sont pas une faiblesse. Bien au contraire, ça montre que vous faites votre métier avec votre cœur. Continuez ! Merci !
Je pense que ce qui fais de toi un bon soignant, c’est ta capacité a t’adapter, et a savoir franchir de temps en temps, lorsque nécessaire, la limite sympathie/empathie. Certes tu perds avec ce patient un peu de ta posture de soutenant, mais tu gagne en posture humaine, et ca aidera peut etre le papa a se confier, a mettre des mots sur ses maux. En tout cas, bravo pour ton talent d’écrivain, cela fait un moment que je te lis, et je suis régulièrement ému aux larmes sur ton blog, certaines situations me rappellant amèrement certaines que j’ai vécue. Juste merci.
Merci beaucoup à toi.
Pffff…
Je dis rien d’autre, d’abord, tellement cette odeur de bout de métal dans ma bouche m’empêche d’aligner deux mots, et tellement je me dis que deux vies sur la même terre ne peuvent même pas s’aligner ne serait-ce que sur un seul point commun… Tout, tout est différent. Tellement ce récit est loin de moi. Tellement moi je soupçonne ne pas être au niveau, du début à la fin. Tellement t’es une sainte – ou avoisinante, pas très bon niveau liturgie- et que tu t’en même pas compte.
Cool quand même dans tout ça, ça veut dire que t’existes en vrai.
…et que tu t’en RENDS même pas…
Re-pfff…..
Ouh là je n’ai pas la prétention d’être une sainte. J’espère être quelqu’un d’humain et d’empathique, ce serait déjà bien… Mais merci beaucoup pour ce joli compliment !
Si les mots vous manquent, si vous avez peur de fondre en larmes en parlant au papa, laissez le lire votre billet. Celui ci est émouvant, vibrant de sincérité, de douceur et de gentillesse. Il comprendra votre attachement, votre dévouement et votre amour pour ce petit être parti si vite. Et, cela apaisera un tout petit peu, mais un tout petit peu quand même, son immense chagrin. Merci pour votre humanité, votre compassion… On oublie trop vite que derrière la blouse blanche, il y a des êtres humains doués de sentiments…
Merci mamanpoule pour ce commentaire qui me touche. J’espère avoir pu, ne serait-ce qu’un peu, aider ce papa dans cette horrible épreuve.
Un papa à son bébé,
drôle de métier…mais “noble” métier
mon bébé joli, ma petite fille va devenir docteur… et j’ai peur que son petit coeur se brise… j’espère qu’elle va savoir s’insensibiliser, tout en restant humaine. quel dur métier !
Bonsoir Mme de K., merci pour ce commentaire plein de poésie. Votre petite fille a choisi le plus beau et sublime, mais aussi le plus dur et cruel métier du monde. Son coeur se brisera c’est sûr, mais elle apprendra à le recoller, et à continuer, pour les autres, les suivants, même si ça semble impossible.
Bonjour,
nous autoriseriez-vous à publier ce texte bouleversant dans notre magazine?
Laurent ROCHUT
directeur de la publication du magazine Côté Mômes
redaction@cote-momes.com
J’en reste sans voix. Mêler autant de sensiblerie à du piètre labeur littéraire, cela réveille mes aigreurs. Vous faîtes un sale boulot, alors faîtes le proprement, et apprenez la distance : si ce n’est avec vos patients, au moins avec vos sujets de texte.
Bonjour. Je n’ai pas la prétention de plaire à tout le monde. A travers ce billet j’ai avant tout cherché à partager les ressentis que j’ai pu avoir durant cette nuit de garde, et je suis désolée de ne pas avoir réussi à vous toucher. Je me propose éventuellement de me rattraper en vous envoyant une ordonnance de Mopral pour calmer les aigreurs que j’ai malencontreusement déclenchées.
Mes mots sont désuets pour exprimer mon ressenti, une profonde tristesse, une injustice face à l’impuissance, face à la violence des événements et une grande compassion envers cette famille.
Votre témoignage est très touchant et nous avons tous à sa lecture une pensée émue et chaleureuse à la maman partie trop tôt, à son ange qui l’a suivie, au papa et aux soeurs…. Il convient de rappeler que 1500 mères meurent chaque jour pendant l’accouchement et évidemment la plupart dans les pays pauvres. Dans ses situations l’indécence côtoit l’horreur puisque la plupart de ses morts et de ses orphelins pourraient être évités si le monde était moins égoiste et que la répartition des richesses un véritable objectif ! A lire le rapport de l’OMS sur la question : http://www.who.int/making_pregnancy_safer/topics/maternal_mortality/fr/index.html
Merci pour ce lien !
Merci pour ce que vous avez fait pour ce petit bébé!!! Elle n’a pas du partir seule, froide, mais elle a pu sentir un peu la chaleur humaine. Merci pour elle!!!!!!
Je pleure aussi……….. la derrière mon bureau
Bref, c’est bien de pleurer avec eux, toute façon il n’y a rien à dire…….. Avec votre métier, faut seulement faire attention, que les drames ne vous détruisent pas……….
Merci à vous!!!!!
Bah oui, même en 2011, la vie parfois, c’est la merde.
Pas souvent, mais quand même.
VDM qui continue…
Merci pour se partage, bon courage au papa, c’est terrible ce que la vie peut être cruelle …
Quand il y a des horreurs comme ca, j’aime croire que oui ce foutu paradis existe, et que la maman et le bébé sont ensemble la haut, veillent sur le reste de la famille, et que quand l’heure sera venu ils se retrouveront tous …
C’est trop triste, trop injuste, trop dur …
Comme ca doit être dur pour toi aussi, d’assister à toutes cette tristesse, ce drame … Tu as le droit de pleurer de tps en tps, de lacher les vannes… Mais je comprend que ce doit être difficile … En tout cas ce bébé à eu votre main sur lui pour le rassurer le peu de temps que sa vie à durée …
Merci
Externe aux urgences et en réa en ce moment, j’imagine très bien. Et c’est magnifiquement décrit. Et c’est chouette de voir qu’il reste des gens avec du coeur au milieu de tout ca.
Il y a un épisode de Scrubs qui m’a pas mal aidé à relativiser, les premières fois. Je sais que ca parait très dérisoire et un peu ridicule, mais je le mets quand même
.
Bon courage pour la suite.
Ça n’est ni dérisoire ni ridicule, souvent ce sont de petites choses comme celles là qui aident à avancer… Bon courage !
Du coup, je ne sais plus quoi dire…
PS : vous écrivez “terriblement” bien.
Merci beaucoup !
Oh mon Dieu, je n’aurais pas du lire cet article… je suis en larmes derrière mon ordinateur. Peut être un peu parce que je suis enceinte de 3 mois. Mais ce récit m’aurait touché n’importe quand, et il est si joliment raconté. Bravo à toi pour ton courage, et à tous les médecins du monde. Je ne sais pas comment vous pouvez supporter de voir toutes ces horreurs, et être toujours des êtres humains, alors merci à vous.
Quand on n’attend pas la mort et qu’elle vient par surprise interrompre des vies et des histoires de vies c’est toujours terrible . Merci à vous d’être aussi humaine ♥ -
Je découvre ce blog… et merci pour ce billet…. Malgré la tristesse qu’il dégage…Je n’ai pas souvent rencontré des médecins “humains”…. juste débordés ou désagréables ou les 2 à la fois… Ca fait du bien de savoir qu’il y en a qui compatissent sincèrement à la douleur (morale ou physique) de l’autre…
Miss Cz a résumé en deux mots ce qu’on éprouve en lisant ce témoignage.
C’est bouleversant. J’ai la gorge tellement serrée qu’elle ne pourrait l’être plus si j’étais pendue au bout d’une corde. Et ces fichues larmes que je ne peux contenir.
Triste récit que celui-là, qui a soulevé mon coeur et fait pleuré mes yeux. Je ne sais pas comment on peut annoncer ça, ni comment ne pas être touché(e) soi-même en tant que soignant.
Reçu la semaine dernière au courrier : ” B. le petit-fils de notre lointain cousin, vient de perdre son épouse au cours d’un accouchement qui s’est mal passé. Le nouveau-né aussi a souffert, est sous assistance respiratoire et sera « débranché » dès qu’il aura été baptisé. B. à deux autres enfants à sa charge.
Affectueusement.”
Lire ce texte m’a réconfortée. Merci
Votre commentaire est un des plus beaux compliments que l’on peut me faire, savoir que je vous ai apporté un peu de réconfort me réconforte moi-même beaucoup… Merci.
comment ne pas avoir les larmes aux bords des yeux, trop de souvenirs remontent!Un grand merci a toute l equipe du CHU MORVAN sans qui j’aurai vécu tout ça!
Merci à vous de les remercier ainsi…
Vous écrivez si bien ce terrible moment de vie, que les larmes ne peuvent que verser. Mais je ne le regrette pas, c’est un moment précieux… Je suis soignante aussi, longtemps j’ai essayé de me blinder comme on vous apprend à le faire pendant vos études. “Surtout rester détaché et ne pas s’attacher pour ne pas souffrir”. Je crois au contraire profondément qu’il faut plutôt apprendre à accepter d’être touché, c’est si précieux d’être sensible, à l’écoute, humain. Ces moments-là même s’ils sont tragiques sont uniques : pour vous et pour le papa évidemment. La vie vous semble ensuite si “différente”, si précieuse. Et imaginez quel sentiment d’horreur ressente les patients qui se trouvent devant un soignant qui vous donne l’impression que vous n’êtes qu’un cas parmi les autres. Quel cauchemar cette solitude abyssale alors ressentie ! Alors, surtout, ne changez rien ! Votre humanité, votre sensibilité, votre empathie et pourquoi pas votre sympathie changeront la vie de très nombreux patients. On n’a qu’une vie. Et on ne regrette jamais d’avoir pleuré avec un patient si ça doit arriver, mais on regrette toujours d’avoir fui, de ne pas avoir dit les mots, de ne pas avoir pris les mains, ni embrasser ou consoler quand c’était le moment. Après, c’est trop tard. Et il est certain qu’il faut être courageux pour se laisser aller à accepter les émotions qui nous traversent… Les émotions sont une force, pas une faiblesse !
Merci.
“Et on ne regrette jamais d’avoir pleuré avec un patient si ça doit arriver, mais on regrette toujours d’avoir fui, de ne pas avoir dit les mots, de ne pas avoir pris les mains, ni embrasser ou consoler quand c’était le moment. Après, c’est trop tard.” Rien que pour ça, merci beaucoup, vraiment. Merci de partager votre expérience et votre ressenti avec moi…
contrairement à ce qu’écrit qq plus haut je le trouve bien écrit ce texte et particulièrement bien “balancé” entre la compassion et la distance nécessaire(?).
quant au fond ,chacun reste avec son vécu face à ce genre de situations qui marquent à jamais un soignant.
Merci beaucoup pour ce compliment.
Ces situations nous marquent à jamais en effet. La preuve, quand on se retrouve, il suffit que l’un d’entre nous évoque le thème pour que s’ensuivent dès lors une quantité invraisemblable d’histoires toutes plus horribles et traumatisantes les unes que les autres…
Et à tous les autres, pour vos commentaires, avis, compliments, expériences, merci…
Ce n’est pas incompatible, selon moi, d’être médecin, d’être bouleversé, et de le dire. La distance émotionnelle viendra ultérieurement, car elle est indispensable pour se remettre de l’émotion, mais elle n’interdit pas d’être proche des personnes dans ce cas, de se sentir aussi atteint que si l’on faisait partie de leur famille. On se met un moment à leur place, et une cicatrice de toutes façons nous restera, à nous aussi, médecins, de ces intenses et graves moments de désastre et de désespoir.
La différence, c’est que nous n’allons pas porter cette croix toute notre vie. Une petite plaie au fond de nous, qui parfois nous rendra plus humains, plus compatissants aux malheurs des autres.
Parfois aussi, une famille dans une telle détresse, entendra, au fond du couloir, des soignants rire à gorge déployée. Il pourra s’en offusquer, s’en désespérer. Sans se douter que les soignants évacuent leurs angoisses de cette manière, car ils doivent impérativement se libérer, reprendre de la distance avec l’émotion, retrouver leurs esprits, pour aller vers d’autres patients.
Qu’il est dur de passer des larmes aux sourires, quand une femme inondée de bonheur accouche en même temps dans la salle de naissance d’à côté.. .
Ce que vous dites est tellement vrai et tellement bien dit…
Le seul écueil à éviter est de projeter sur les autres des ressentis qui nous sont propres et qu’ils n’auraient pas… Guérir parfois, soulager souvent, accompagner toujours…
Merci pour ce commentaire plein de poésie et de bon sens. Tout ça me parle beaucoup.
Je pense aussi que la distance nécessaire à mettre n’est pas facile à trouver… beaucoup de médecin le reconnaissent, la distance et la froideur apparente, c’est pour se protéger eux, parce qu’ils n’arrivent pas faire la part des choses entre leurs émotions et celles du patient…
“Pourquoi les médecins ne pleurent-ils pas avec leurs patients ?” demandait quelqu’un…
Je pense déjà que si on pleurait avec nos patients à chaque fois, on ne ferait pas long feu dans le métier et que celà nous détruirait assez rapidement… On ne peut pas être en deuil à chaque fois qu’un de nos patients meurt et continuer à faire du bon travail…
Je pense aussi que notre rôle parfois est d’être le rocher au milieu de la tempête, le repère sur lequel on peut se raccrocher, alors si nous aussi on s’effondre…
Mais ça n’empêche pas d’être dans l’empathie, je suis convaincue que c’est notre rôle de soignant de tenir la main, d’essuyer les larmes, d’être l’épaule sur laquelle on pleure; sans que ça soit “franchir la limite”.
Je pense qu’on peut aussi pleurer parfois avec un patient, se rendre à l’enterrement d’un patient, tout en restant dans notre “rôle”.
La limite elle est à l’intérieur de nous, elle est différente pour chacun, il n’y a que nous qui sommes capable de dire à partir de quand on ne fait plus la part des choses. Certains ont besoin de mettre de la distance, d’autres moins, il n’y a pas de règles je pense.
Je crois qu’à ta place je serais restée jusqu’au bout avec cette petite fille, je serais allée m’asseoir avec le papa, et je lui aurais tenu la main tant qu’il aurait fallu. J’aurais peut être pleuré avec lui.
Et j’aurais pleuré en rentrant chez moi aussi.
Entièrement d’accord avec tout ça…
Je suis papa d’une petite fille nee il y a dix mois avec une malformation cardiaque, une TGA. On ne le savait pas, ca n’a pas ete vu au scan, rien. Et puis elle est nee, toute grise, ils nous l’ont enlevee, nous ont dit qu’il fallait qu’elle ait 2 operations tres vite. Et puis ils ont tout fait, tout ce qu’il fallait et ils l’ont sauve. Votre recit m’a fait pleurer. Je ne pleure jamais. Pas que ca me gene, juste je ne pleure pas. Pour ma fille j’ai pleure. Pour Rose et son Papa, j’ai pleure, pour vous j’ai pleure. La medecine fait des choses magnifiques, mais nous autres humains ne sommes qu’humain. Merci pour ce superbe recit.
Et merci pour ce superbe témoignage… Beaucoup de bonheur à vous et à votre petite puce !
je viens d’accoucher d’une petite fille, tout juste une semaine, j’ai failli me vider de mon sang, ils l’ont repéré tout se suite, 3 culot de sang plus tard et ouf je me retrouvais un peu… J’ai eu très peur de laisser ma fille et son père, très peur, et là je lis votre post et tout remonte puissance max… Elle a eu la chance cette petite Rose de vous avoir à ses cotés lors de ses derniers moments…
Merci pour ce très beau compliment… Je ne pouvais en espérer de plus beau.
Des frissons qui me parcourent de la tête aux pides, les larmes aux yeux, une boule au ventre… Merci pour ce beau témoignage.
Merci, tout simplement.
Merci à Maître Mô pour avoir partager ce lien. J’ai dévoré ce blog, que j’ai trouvé intéressant et touchant.
Merci à vous de nous faire partager votre ressenti…
Merci à vous d’être passée par là.
Je crois que c’était pour éviter ce genre d’accident — qu’on attribue à une pathologie — que les médecins d’autrefois, qui aidaient les femmes à accoucher à domicile, posaient sur le ventre de la mère une pile de draps (qu’ils faisaient systématiquement préparer avant d’arriver, avec de l’eau bouillie), à peine l’enfant sorti.
Hier, une tout jeune maman est arrivée dans le service de réanimation ou je travaille. Intubée, massée, transfusée, les médecins ont travaillés dur, très dur pour lui permettre d’arriver jusqu’en réanimation. Le bébé, lui a été extirpé du ventre de sa maman en état de mort apparente. Le diagnostic est tombé: embolie de liquide amniotique. Comme souvent, rien ne pouvait laisser suspecter un tel drame; une jeune maman, une grossesse sans incident, un accouchement à terme.
Aujourd’hui, ces 2 êtres liés par le plus beau lien du monde sont à quelques kilomètres de distance. Je n’ose imaginer la douleur du papa, tiraillé entre 2 hôpitaux, entre les 2 services ou sont hospitalisés les 2 personnes les plus chers à son coeur.
L’évolution médicale est plutôt favorable, cette maman et son bébé vont s’en sortir. Mais avec quelles séquelles ? Physique, neurologique, psychologique.
Quand cette maman se réveillera, il faudra lui annoncer que son enfant est venu au monde sans elle, qu’elle a raté les premières heures et jours de la vie de son enfant. Il faudra aussi lui dire, qu’elle ne pourra plus retomber enceinte. Que dans cette lutte, les médecins n’ont pas eu d’autre choix que de la priver de cette chance pour la sauver.
Merci pour ton billet très émouvant. je voulais témoigner pour te dire qu’il faut continuer à se battre. Voir récupérer cette maman et son bébé tout les jours un petit peu plus est un vrai cadeau. Tout comme voir renaître une lueur d’espoir dans les yeux de ce papa.
Tu as raison, nous faisons le plus beau métier du monde. Accrochons nous!
Donc ce n’est pas ce collapsus que la pile de draps évitait, il s’agit bien d’autre chose.
Je pense que le but était d’aider l’utérus à “reprendre sa place”, c’est à dire se contracter et comprimer les vaisseaux pour éviter l’hémorragie.
Il arrive “de nos jours” qu’on masse l’utérus après la délivrance pour l’aider à se contracter (globe utérin) voir qu’on injecte des toniques en intraveineux ou directement dans l’utérus dans les césariennes si nécessaire.
Oui exact ! j’ai confondu, c’était bien cela, pour éviter l’hémorragie !! Beaucoup de femmes mourraient d’hémorragie après l’accouchement, parfois le saignement passait inaperçu jusqu’à l’issue fatale, et d’autres de fièvre puerpérale.
Pardon, ce sont des souvenirs bien lointains de grand-mère actuelle même pas infirmière, mais de mémoire de fille de médecin et de sage-femme (mes parents ne sont plus de notre monde).
Merci pour ce récit plein d’espoir malgré tout.
Ca fait peur de devenir médecin quand on te lit en fait, je sais pas comment j’aurais réagit à ta place… Pour le prochain article une histoire où personne ne meurt et où personne n’est maltraité ça serait bien non?
Oui, ça serait bien, je confirme ! Et il ne faut pas avoir peur de devenir médecin, il y a des jours où c’est tout à fait merveilleux. Si, si, promis.
On oublie malheureusement trop souvent qu’autour de la naissance d’un enfant la mort côtoie la vie. Trop souvent l’homme se sent invincible, éternel. Pourtant la vie nous le rappelle. Pourtant, la vie est belle et il faut vivre chaque instant comme si c’était le dernier.
Jouir de la vie vraiment avant qu’elle soit volée.
Ce papa, j’en suis sûre, se relèvera. Difficilement. Mais ses filles lui donneront la force. Heureusement l’homme est ainsi fait : s’adapter, même à l’horreur.
Merci pour ces récits poignants justement racontés.
Et courage : il n’y pas plus dur que d’être une blouse blanche dans ces moments…
Merci beaucoup pour votre passage, et ce compliment. Merci pour l’espoir que vous me donnez pour ce papa. Même si je suis convaincue qu’il est bien moins dur d’être à ma place qu’à la sienne, et que c’est ce qui m’a donné la force de continuer ensuite. Et, comme vous le dites si bien, vivons chaque instant comme le dernier. Merci !
Merci à vous d’avoir le courage et la confiance de faire ce métier que j’admire mais pour lequel il faut se sacrifier. Courage, grand courage, il y a aussi tellement de vie que vous sauvez.
Coucou,
Je le dis souvent si je suis pas médecin il y a des raisons…
Futur papa, à 2 mois du jour J, je n’aurai pas du cliquer. Prenant et terriblement émouvant, les larmes sont là.
Très belle écriture je vais lire le reste en espérant…
Merci de votre passage.
Rose, sa maman, son papa et ses deux soeurs m’ont tant fait pleurer il y a deux jours que je n’ai pas pu laisser trace de mon passage. Alors j’ai lu, j’ai lu encore et aujourd’hui, je suis revenue. Pour te remercier. De tes textes, de ton amour evident pour ton metier et tes patients, pour ton empathie qui transparait sous chaque mot. Merci, vraiment.
Merci pour ce merveilleux compliment qui me touche beaucoup. Pardon de t’avoir fait pleurer.
Rose, j’ai du mal. Du mal. Beaucoup de mal. Du mal à reprendre mes esprits, du mal à ne pas pas re-fondre en larmes tant cette histoire m’a bouleverser, au plus profond de ma vie d’apprentis (et jeune) soignant. Toi, qui nous raconte cette histoire, Ô merci à toi. Vraiment. Je te souhaites le plus profond et le plus grand des courages.
Je ne sais plus que dire.
Tout cela a un sens que même les mots ne peuvent décrire.
Au revoir, Rose plus beau bébé du monde.
[j'ai envie de vous faire partager cette chanson, qui me réconforte un peu: http://www.youtube.com/watch?v=8rq1cN3j5bQ ]
Merci encore stitchette,
pour cette histoire, et toutes les autres.
Merci à toi, et merci pour la chanson pleine de réconfort.
Ton récit, magnifique, m’a rappelé un téléfilm primé qui a été diffusé sur Arte : Une vie si fragile.
Je ne le trouve pas en DVD et je le regrette vivement.
Il me fait le même effet que ce genre de billet : un mal nécessaire pour se souvenir que la vie est parfois garce.
Merci pour ton passage et la référence. Jolie référence qui plus est.
Dans un autre post je te parlais de mes problèmes de reins, héritage familial…
Ma cousine, ma presque petite-soeur… enceinte et même DPA que la mienne, est née elle avec un seul rein.
Elle vient de m’annoncer qu’elle va devoir perdre son bébé, syndrôme de Potter.
On comparait nos sensations, on cherchait des prénoms ensemble.
Et tout ce que le médecin a trouvé à lui dire c’est : “Ca ne sert à rien d’attendre le terme, de toute façon votre bébé va mourir”.
On ose dire ça à une ex-future-maman ? A 32 semaines de grossesse et pour un premier bébé ???
A n’importe quel terme et pour n’importe quel bébé (premier, deuxième, dixième), c’est inadmissible. Il existe malheureusement des cons dans toutes les professions, ce n’est pas la majorité, ouf. Je me rappelle d’un radiothérapeute de ce genre, qui venait d’annoncer une tumeur cérébrale à une dame. Devant ses larmes il n’a rien trouvé de plus intelligent à dire que “ne pleurez pas, le pire qui peut vous arriver, c’est mourir”. J’avais bondis….
Quel talent d’écriture! Et l’émotion qui passe au fil des lignes!
Bravo vraiment!
C’est aussi çà la vie de médecin: de grandes joies et de grandes peines!
Et je confirme, on peut soigner et constituer des amitiés!
Et merci pour cette confirmation qui me rassure quant à ma manière d’exercer.
Oh mon Dieu ! Merci de raconter de façon si belle tous ces moments parfois si durs, et heureusement parfois si beaux aussi…
Mais euh bon, il faudrait quand même faire une alerte “attention message à ne pas lire si vous êtes au bureau”, hein…
Plus de 140 com à cet article, j’espère que vous vous rendez compte de son impact. Vous allez devenir une nouvelle jaddo! Encore une future médecin prestigieuse, merci à vous!
Une nouvelle Jaddo ? ouh lala ne nous emballons pas, j’en suis bien loin, et puis Jaddo est unique
Très émue par votre histoire, le choix de vos mots et votre sensibilité.
Cela me renvoie à ma propre histoire qui a commencé un peu comme la vôtre. Sauf que la mienne se finit mieux. C’était moi, la maman. Encore aujourd’hui j’ai du mal à en parler sereinement. Mais je pourrais le faire, puisque je suis là aujourd’hui, contrairement à cette maman et sa petite fille.
Ma fille, elle, aura 14 ans dimanche.
PS : votre site découvert via les commentaires sous le billet d’aujourd’hui du blog de Caroline
http://www.penseesderonde.fr/2011/10/bravo-docteur.html#comments
Un très joyeux anniversaire à votre fille. Ravie de voir que parfois ce genre d’histoire se finit de manière heureuse, et merci pour le lien !
Que de douceur dans vos mots… C’est un très beau billet que je viens de lire, très émouvant, plein de tendresse… Je suis d’autant plus touchée que Rose et sa maman, ça aurait pu être ma petite sœur et ma mère il y a 25 ans… Malheureusement pour Rose et sa famille l’issue n’a pas été aussi heureuse que pour ma famille, la vie est vraiment injuste parfois. Merci pour ce beau billet.
Pfff… Quand la chance ne sourit pas à une famille… Perso, j’ai rarement eu des gardes difficiles, d’où ma non-orientation vers anest-réa ou la CAMU.
Mais là, ce beau texte qui retranscrit une expérience douloureuse (je me rappelle quand même cette patiente hétéro morte du sida, ou ces patients cancéreux à Bergonié…) avive des larmes : stop ! Je continuerai ma lecture plus tard… Encore bravo donc, pour le style d’écriture !
Encore merci !
un douce tristesse m’a envahie à la lecture de votre histoire .Comme pour Valentine , Rose et sa maman , ,étaient ma mére et mon petit frére il y a 40 ans .Elle à laissé derriere elle 10 enfants agés de 02 à 23 ans ..C’était la premiére et derniére fois que j’ai vu mon pére pleurer comme un gosse !.Le temps est passé par là et a pansé les plaies .J’ai maintenant 55ans ,je suis pédiatre et j’ai 2 grands enfants à l’université et votre récit m’a bouleversé et pourtant j’ai vu des vertes et des pas mures durant ma carriére ,mias le coeur ne s’est pas assez endurci
Il ne s’endurcit jamais assez je crois…
Effectivement! Continuez à écrire surtout car vous traduisez nos angoisses et les voir transcrites noir sur blanc m’aide beaucoup (et je pense les autres collègues aussi !)