Lettre au petit prince

« On ne voit bien qu’avec le coeur, l’essentiel est invisible pour les yeux ». Je me revois murmurer ces mots, penchée au dessus de ton lit, il y a déjà quelques années de cela maintenant. Comment pourrait-on seulement te décrire ? Tu étais tellement beau que tu n’avais pas l’air humain. Un petit menton pointu, des cheveux en bataille, une peau pâle quasi diaphane, de grands yeux bruns au milieu de cette minuscule frimousse. Tout en toi était d’une harmonie étrangère, presque imaginaire, tant tu ressemblais à un croquis de St Exupéry.

J’étais jeune externe et tu étais le premier bébé gravement malade que je rencontrais ; au sens de ces maladies dont on parle parfois à la télévision, celles qui n’ont pas de traitement.

Pourtant, à ta naissance, tu étais un beau bébé en pleine santé : 4,5 kgs à 39 SA. Mais un mois plus tard, c’est en t’examinant que j’ai appris à palper une hépatosplénomégalie chez un nourrisson. Et, un mois plus tard encore, c’est toujours en t’examinant que j’ai appris à reconnaitre une hypotonie axiale.

A dix mois de vie tu tenais à peine assis avec appui. C’était difficile, tu avais du retard sur les autres, certes, mais tu te battais bien. Tu conservais ce physique de petit prince : un être pur, tout juste descendu de son étoile, qui avait réussi à tous nous apprivoiser. Et il paraît que l’on ne connait vraiment bien que ceux que l’on apprivoise, du moins c’est ce qu’aurait dit un certain renard…

En te regardant, je m’attendais souvent à ce que d’une seconde à l’autre tu te mettes à parler pour me demander distinctement de te dessiner un mouton à l’arrière d’une feuille de scope. Limite je stressais déjà un peu parce que bon, voilà, les moutons c’est pas mon fort tu comprends. Un chat à la rigueur, mais alors un mouton…

Finalement, avis fut pris auprès des grands spécialistes. Ceux avec de grands titres, travaillant dans les grands services de pédiatrie bien notés qui sont dans les grands hôpitaux parisiens. Ils ont parlé d’une maladie bizarre, une drôle de bestiole. Encore une pathologie compliquée avec un nom propre étrange que je ne connaissais pas.

Qu’est-ce-que c’était encore que cette chose là ? Un parasite ? Un poux peut-être ? Ça ne pouvait pas être ce qui était décrit sur Orphanet. En vrai, je ne le croyais pas malade le petit prince, du moins il n’allait pas si mal que ça. Il ne présentait pas tous ces graves symptômes neurologiques qu’ils décrivaient. Ça devait être autre chose alors. Ils se trompaient. Ça arrive parfois non ? Même les meilleurs peuvent se tromper. Dans quelques temps il allait grandir le petit prince. Progresser. Et leur donner tort.

Bien sûr, il ne leur a jamais donné tort. J’étais là quand il a perdu la marche, puis la position assise. J’étais là quand ses parents ont disparus d’un jour à l’autre, injoignables, introuvables. J’étais là quand une famille d’accueil est venu le chercher, qu’il a pleuré, beaucoup, et que nous les externes nous étions cotisés pour lui offrir un doudou lapin brodé d’une rose qui l’a (un peu) consolé. J’étais là pour tout ça.

J’ai appris à dessiner des moutons, plein de moutons, dans des caisses et en liberté, des malades et des en bonne santé, des jeunes, des vieux, des avec ou sans muselières. Et puis ensuite je suis partie. C’est comme ça : un externe, ça s’en va ; ça ne reste jamais trop longtemps sur la même planète, et, surtout, ça ne s’attache pas.

Ça fait bien quatre ans que je n’avais plus pensé au petit prince d’autrefois. Et le voilà aujourd’hui qui ressurgit dans mes souvenirs, entre deux cuillerées de verrines au saumon, par le hasard d’une présentation labo sur un médicament génial qui révolutionne une maladie tragique, retardant la survenue des symptômes, augmentant l’espérance de vie des patients qui en souffrent. Pas n’importe quelle maladie, non. Une bestiole au nom bizarre, quelque chose de vraiment grave. La maladie du petit prince.

Tout à coup je mesure à quel point ce temps-là est désormais loin de moi. Je balaie la salle du regard, je fixe mes collègues un à un, et je me sens soudain comme le businessman qui possède cinq cent un million d’étoiles et qui perd son temps à les compter bêtement au lieu de les admirer simplement. Comme si tous dans cette salle nous passions à côté de l’essentiel, de l’invisible.

Plus personne ne m’a apprivoisée comme cela après mon petit prince. Où es-t-il aujourd’hui ? Est-ce-qu’il va bien ? S’est-il enfin trouvé une vraie famille, un vrai chez-soi? Et surtout, parle-t-il toujours à sa rose ? Il vaut mieux parfois ne pas savoir.

Je griffonne sur ma feuille de notes un mouton muselé, un nuage, un soleil et une rose, un renard aux oreilles trop pointues, un réverbère qu’il faudra éteindre tout à l’heure. En regardant mon croquis, j’essaye de me souvenir de la fin du livre, on ne sait jamais, c’est peut-être la même. Quelque part on ne sait où, un mouton a-t-il mangé une fleur ? Ça, c’est bien vrai, aucune grande personne ne comprendra jamais que ça a tellement d’importance

Solstice

Ma rencontre avec Jérôme, 8 ans, n’était pas une simple rencontre. C’était bien plus que ça. Jérôme a littéralement fracassé mon existence.
Jérôme aimait le foot, la guitare, les clémentines et les dragibus roses. Il aimait marcher pieds nus dans l’herbe, courir dans la boue, sauter dans les flaques d’eau à pieds joints et faire des batailles de boules de neige. Bref, il aimait ce qu’aiment tous les enfants, en un mot, la vie, par dessus-tout.

Mais Jérôme avait une maladie très grave.

En fait, Jérôme était mourant.

Sauf que personne n’avait encore eu le courage de le dire à ses parents.

Et Jérôme aimait ses parents.

Sa tumeur cérébrale l’avait rendu paraplégique il y a déjà bien longtemps. Aujourd’hui, il n’était plus tout à fait le petit garçon que tout le monde avait connu. Le foot, c’était à la télé qu’il le regardait, du fond de son lit. La guitare, il en écoutait sur des CDs que sa maman lui mettait sur une vieille chaine HiFi d’occasion. Les dragibus roses, il n’arrivait presque plus à les avaler.
La nuit, il rêvait de marcher pieds nus dans l’herbe, de courir sous la pluie, de sauter dans les flaques et de se faire à nouveau gronder par sa maman, ou encore de refaire un bonhomme de neige. Il parait qu’il pleurait parfois en dormant.

C’était un petit garçon singulier, comme beaucoup d’enfants malades le sont. Il trouvait ça étrange comme mot, le mot tumeur. « Tu meurs » il disait. Tout est dans le mot. Pourquoi tant se garder d’en parler en public alors.

A vrai dire, Jérôme est entré dans nos vies un lundi matin. Aucun d’entre nous ne le connaissait encore puisque d’ordinaire il était suivi dans le service de Neuro Pédiatrie du grand CHU de la région. La nuit passée, il s’était mis à vomir, encore et encore. Ça n’allait pas fort.
Il ne parlait que d’Hippolyte, son cheval, qu’il souhaitait revoir avant. Avant quoi ? Ben voyons, puisqu’il vous dit que c’est écrit dans le mot. La tumeur.
Jérôme savait. Il était le seul à oser en parler, le seul à mettre les mots sur la douleur et l’angoisse. Le seul à dire qu’il allait mourir. Que c’était pour bientôt. Quand le docteur du grand CHU avait dit « soins palliatifs », il avait tout compris.
Quand je l’ai vu pour la première fois, il était déjà inconscient. Une seconde l’anisocorie, puis, très rapidement, la seconde suivante, la mydriase bilatérale aréactive.

Il avait raison Jérôme. Tout est dans le mot. La tumeur.

Ses parents, désespérés, perdus, nous ont supplié de le sauver. 1L d’oxygène aux lunettes, un scope sans alarmes, une dose de Solumédrol. Surtout pas de douleurs. De la pudeur. Vite, mais en silence. Remplir le dossier, en silence. Appelez nos chefs, à demi mot. Amener quelques chaises, sans trop de bruit. Et une couverture, pour ne pas sentir la morsure du froid. Un moment aussi serein que possible. Un ballet de funambules.
Je me tenais contre le mur, derrière le chef de garde. Incapable de sortir de là sans briser le moment. Un peu gênée, ne sachant trop où me mettre, ni comment aider. La maman de Jérôme pleurait beaucoup. Un instant elle s’est tournée vers nous et, tout doucement, elle s’est excusée. Comme ça, entre deux sanglots, des excuses venues d’on ne sait où. Excusée d’être venue si tard. Elle voulait venir avant, mais il souhaitait tant revoir Hippolyte, cette brave bête, le compagnon de toujours. C’est quand il a perdu connaissance dans la voiture qu’ils ont pris un virage vers chez nous, en suivant les panneaux indiqués Urgences Pédiatriques.
Jérôme, je ne t’ai connu que dans le coma, mais ta maman m’a beaucoup parlé de toi. Avec tant de détails que je n’ai eu aucun mal à imaginer ce petit garçon que tu étais. Je te vois sauter dans les flaques, j’imagine ton air penaud devant ton pantalon sali. Toi avec Hippolyte, toi à l’école, toi parlant de ta tumeur.

C’était un moment paisible et doux, empreint d’une tendresse infinie, que ce moment où tu es parti. Cette seconde intense et brutale où la vie t’a quitté.
Ta maman a dit des prières magnifiques. Chaque personne qui a passé le pas de la porte de ta chambre n’a pu s’empêcher d’être émue aux larmes tant votre relation était touchante.
Bien après encore, elle a prononcé des paroles que peu d’entre nous ont eu l’occasion d’écouter tant sa voix était chuchotée. « Ne t’en fais pas, Jérôme chéri, le moment est venu. Il ne faut pas avoir peur. Ça ne fait pas mal, ils ont dit qu’ils feront tout pour que tu n’aies pas mal. Tout le monde est là. Après ça, ce sera beau. Tu pourras courir à nouveau dans les champs, sauter dans les flaques. Tu seras avec ton Hippolyte. Le voilà qui arrive. Tu pourras le monter à nouveau et ensemble vous irez vite et loin, et j’aurais peur pour toi, comme avant… »

Ta maman et toi, ce jour-là, vous nous avez tous bouleversés.
Que faire après ça ? Eviter de croiser le regard d’un autre membre de l’équipe pour ne pas pleurer. Ravaler des torrents de larmes. Se cacher dans un recoin pour respirer un grand coup. Sortir, sourire, et se refondre dans la masse des consultations d’urgence qui n’en sont pas une. Revoir le prochain petit qui va bien et ses parents exaspérés d’avoir trop attendu. Pardon, nous étions occupés. Non nous ne buvions pas le café. Oui, désolée pour l’attente.
Occulter, mettre de côté, je dirai même refouler. Puis, quelques temps après, coucher ces émotions restées intactes sur le papier.

Et puis vivre fort, intensément, se rappeler pour un temps au moins la brièveté de l’existence.

Et, pour un temps aussi, à la manière d’un enfant, aimer la vie, par dessus tout.

 

 

Annaelle

Annaelle est revenue. C’était très exactement sa cent trente deuxième consultation aux urgences pédiatriques en 12 années de vie. On a compté.

Une habituée en quelque sorte.

Elle a beaucoup changé, la petite Annaelle, c’est une ado maintenant, qui cache de ravissants petits yeux bridés sous une frange trop longue qui lui mange le visage. Comme tous les ados quoi. Elle dit non à tout, refuse de se laisser examiner, soupire bruyamment, puis s’exécute quand même, s’assied sur la table d’examen en marmonnant « hompf, fais chier ».

Oui, c’est une ado maintenant. Elle vient sans son doudou. C’est fini le temps de l’enfance où elle me faisait des dessins. Elle me connait bien désormais. Et je la connais aussi, depuis fort longtemps. Elle vient toujours accompagnée de sa mère, une femme froide et rigide. Elle me touche cette petite. Par bien des aspects elle me rappelle Amélie, son histoire de vie est sensiblement la même au départ.

Depuis toujours je la trouve triste, introvertie, renfrognée. Sa mère, quant à elle, je la trouve tout simplement folle, au sens psychiatrique du terme. Verbalement agressive, psychologiquement maltraitante. Faussement affairée, surtout fuyante.

Annaelle ne sort pas, elle n’a pas d’amis ou si peu. Elle ne joue pas, ne crie pas, ne chante pas. En présence de sa mère, elle ne parle même pas. En fait, c’est à peine si elle respire.

S’il y a de l’amour dans cette relation mère-fille, il est bien caché. Jamais je n’ai vu aucun geste tendre, aucune parole rassurante, même quand Annaelle était plus jeune et que les blouses blanches et les hôpitaux la terrorisaient. Bref, si elles s’aiment, ces deux-là ne se le disent pas.

La consultation est rythmée d’ordres et d’interdits. « Tais-toi » « Arrête de chouiner » « Ne bouge pas » « Reste-là » Voire parfois, à certaines de nos questions, « ne répond pas ». D’insultes aussi « Tu es une nulle, une bonne à rien, tout ça c’est à cause de toi ». Ces mots-là, par contre, je les ai entendus beaucoup trop souvent dans la bouche de cette femme.

Ce n’est pas un hasard si je la connais bien ma petite patiente, car, comme je l’ai dis plus haut, le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle vient souvent. Toujours pour la même chose, peu importe pour quoi. Elle a subi tous les examens complémentaires qui existaient, le bilan étiologique est resté négatif. Elle récidive souvent, sans qu’on sache donc pourquoi.

Elle vient nous voir, on la traite, elle guérit, elle repart. Avec toujours ce même constat, partagé par toute l’équipe médicale et paramédicale. Elle souffre. Pas physiquement, mais ailleurs, plus profond.

Son père est parti quand elle avait trois ans, et sa mère agit comme si elle voulait le lui faire payer. Il avait beau les violenter toutes les deux, elle ne supporte pas la vie sans lui. Annaelle porte le poids d’une culpabilité trop grande pour elle. Sa mère nous met tous mal à l’aise. Dans sa manière d’être avec nous, mais aussi à sa façon de parler à sa fille. Comment réagir, dans le cadre d’une consultation d’urgence, face à une maman qui exerce sur son enfant pareille pression psychologique. Qui lui allègue yeux dans les yeux que c’est à cause d’elle que sa vie est foutue. Qu’elle n’aurait jamais du l’avoir. Voire même qu’elle « regrette qu’elle soit toujours en vie ».

On serait choqués de savoir ce qui se passe parfois dans certaines maisons, le soir, une fois les volets clos. Si la mère d’Annaelle est capable de tout cela face à nous, de quoi d’autre est-elle capable sans témoins. De quelles paroles, de quels reproches, de quelles brimades, de quelles oppressions.

Ce soir là, une fois Annaelle soignée, alors que je lui remettais son carnet de santé et son ordonnance de sortie, elle s’est soudain mise à pleurer, à hurler. Devant toute une équipe médicale ébahie, elle s’est accrochée à la blouse du chef de garde et l’a supplié de l’hospitaliser. « Gardez moi ici, je ne veux pas rentrer ! Je veux rester ! »

Dans toutes les consultations d’Annaelle se cache un appel au secours. Je le sens bien. J’ai souvent essayé de la faire parler, de l’aider à verbaliser. Je me heurte dès lors immédiatement à un mur. Comme si elle s’ouvrait l’espace d’un instant, prête à tout me raconter, et que lorsque je m’approchais un tant soit peu du but, elle se reprenait et se refermait à la manière d’une huitre. Annaelle n’est pas encore complètement une ado. Dedans, c’est toujours une petite fille, perdue, craintive, noyée dans les interdits. Quand elle a baissé sa garde à nouveau pour nous supplier de rester, je l’ai revue enfant, prête à tout dire et se retenant.

Le chef n’avait pas de lit dans l’hôpital. Il n’a pas pu la garder. Et quand bien même il aurait pu, il n’aurait fait que retarder l’échéance. Dans quatre ou cinq jours, durant lesquels elle aurait refusé d’adresser la parole à qui que ce soit, un autre chef aurait signé ses papiers de sortie.

Annaelle est rentrée chez elle et j’en garde un intense sentiment de frustration. De la colère, de la tristesse, et un fond de culpabilité. Je me sens coupable de n’avoir pas pu la garder, mais aussi et surtout de ne pas savoir comment l’aider.

Sa mère a coupé court à ses suppliques en la prenant par le bras et en lui intimant un « Tais-toi » qui ne laissait aucune place à la négociation.

Non, Annaelle n’est pas encore une ado. C’est une petite fille. Une petite fille qui se tait, et que je ne sais pas comment faire parler.

Un Conte de Noël aux Urgences Pédiatriques

Il était une fois au siècle dernier une jeune fille aux longs cheveux roux qui vivait dans un petit village de campagne provinciale norvégienne. Elle n’était ni particulièrement jolie ni particulièrement intelligente, mais elle avait un très grand coeur. Descendante d’une longue lignée de bergers, elle était tout naturellement prédestinée à la garde et au soin des moutons. Pourtant, elle nourrissait un grand rêve secret que personne à part elle ne connaissait : celui de devenir docteur.

Un beau matin d’hiver, alors qu’elle traversait la forêt enneigée à la recherche de bois pour le feu, elle entendit un long cri plaintif retentir au loin.

Aussitôt, triste de savoir qu’il était un être souffrant en cette magnifique forêt, elle se mit bien évidemment en quête de son futur nouveau patient.

Au bout d’une demie heure de marche, guidée par les futés petits esprits de la forêt, notre jeune bergère se retrouva finalement nez à nez avec un pauvre renne blessé. Sa patte semblait cassée et il souffrait beaucoup. Elle lui fabriqua donc une attelle de fortune à l’aide de branchages et de quelques feuillages, puis elle l’enveloppa dans sa grande cape en laine et le hissa sur ses frêles épaules. Elle le porta jusqu’à son humble chaumière et le déposa devant un réconfortant feu de cheminée.

Au bout de trois jours, la veille de Noël, le renne était guéri. Lorsqu’on frappa à sa porte, la bergère était toute affairée à préparer un bon repas de fêtes. Un gros bonhomme tout de rouge et blanc vêtu apparu dans l’entrée.

« Ho Ho Ho je suis le Père Noël, je viens récupérer mon ami le renne Rudolf ! Oh mais je vois qu’il a été parfaitement bien soigné, vous feriez un merveilleux docteur mademoiselle ! »

Sur ces mots, le jeune bergère rougit tout naturellement.

« Oh oh mais je vois que j’ai touché un point sensible », reprit le Père Noël. « Voyez-vous jeune fille, le vieil homme sage que je suis connait tous les rêves secrets de ceux qui croient en lui ! J’ai ma petite idée pour vous remercier des bons soins que vous avez prodigués à mon fidèle Rudolf… » dit le Père Noël en se frottant les mains.

Et c’est ainsi qu’il y a près de 100 ans une jeune bergère devient non seulement le docteur du Père Noël, mais aussi celui de ses rennes, de son épouse, la Mère Noël, et de tous les joyeux enfants Noël !

" - Et c’est donc comme ça que je suis devenue le docteur du père Noël ! Tu vois, la preuve, je porte une barrette renne qui m’a été offerte l’an dernier par lui-même en personne. Regarde, c’est Rudolf, le renne au nez rouge !

-Bon docteur, z’ai bien tout compris. Ze dois être bien sage, sinon tu vas le raconter au Père Noël !

-Voilà, c’est ça ! Alors, tu vas me laisser t’examiner ?

-Oui, mais avant, z’ai quand même une question…

-…

-T’as quel âge toi, parce que c’est vrai que tu fais suuuuuper vieille, mais ze t’aurais pas donné 100 ans quand même !

-(Sourire)

-Plutôt 40, comme ma môman quoi …"

Foutue spontanéité.

P.S : Rapport à l’actualité, cette histoire prouve que vétérinaires et médecins peuvent bel et bien se substituer l’un à l’autre… Enfin, dans les contes de Noël…!

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Sous mon sapin ce Noël, une superbe idée de cadeau, offerts par un ami très cher, les livres de Jaddo et Maître Mô  (et dédicacés s’il vous plait !)

Joyeux Noël à tous !

Nous ne sommes pas des héros

Nous ne sommes pas des héros.

Quoique certains puissent le penser.

Nous ne sauvons pas le monde.

Nous ne sommes ni Doug Ross, ni Derek Sheperd. Ce n’est pas tous les jours comme dans les films. Nous ne passons pas nos soirées dans la fumée épaisse des moteurs en feu à marcher sur les éclats de verre brisés de voitures accidentées. Nous ne réanimons pas sur des matelas mous. Nous ne sautons pas à califourchon sur les patients, encore moins en mini-jupe. Et généralement ils n’ouvrent pas miraculeusement les yeux au bout d’une insufflation et de trois compressions cardiaques inefficaces. D’ailleurs, ledit patient victime du bouche-à-bouche n’est que très rarement un bel éphèbe aux yeux bleus-verts. Souvent il s’agit plutôt d’un clochard alcoolisé. Nous ne fabriquons pas de canules de trachéotomie avec le corps d’un stylo bille. Et, même si vous tendez l’oreille, vous n’entendrez jamais de petite musique épique retentir à l’instant victorieux.

Nous ne sommes pas tous beaux. Nos cheveux ne sont pas parfaits. Nous ne sommes pas mannequins. Notre sourire ne brille pas dans le noir. Et puis il y a la Blouse©, symbole absolu de ce que doit être LE médecin, parfois même fantasme de certains. Toutefois, s’il y a une tenue conçue pour ne mettre personne en valeur, c’est bien elle. De plus, -oh déception-, elle ne vole pas au ralenti dans le vent. Elle n’est pas d’un blanc immaculé. Le stock n’est pas infini. Pourtant, en moins de deux jours, elle est généralement tachée de vomi, d’urine, d’excréments, voire parfois de certaines substances nauséabondes inqualifiables. Parfois tout en même temps. Parfois par plusieurs personnes différentes. Et ce en même temps quand même.

Nous ne sommes pas d’invincibles guerriers solaires auréolés de lumière. Nous sommes des êtres humains. Quand il pleut nous sommes mouillés. Quand il fait froid nous grelottons. La couverture de la chambre de garde nous donne des plaques d’urticaire.

Assez régulièrement nous ne sommes que des êtres fatigués qui arrivent au bout de leur quatre-vingt cinquième heure de travail de la semaine. Certains soirs de garde il m’est même arrivé de toquer à la porte AVANT de sortir. Puis de rester bloquée de l’autre côté parce que voilà, comment voulez-vous retourner dans le box après ça sans vous couvrir définitivement de ridicule.

Parfois cela nous transforme en individus aigris et désagréables. Les cris des enfants nous répulsent. La tête de leurs parents également. Une simple phrase nous insupporte. Par exemple, quand on nous amène un enfant pour « fièvre depuis hier soir », à la question « A combien est montée la température ?», la réponse « Il était très chaud » n’est pas recevable . Il en va de même pour « Au toucher ça faisait 39,5°C ». Quelques infirmier(e)s nous donnent, selon les cas, des envies de meurtres ou de suicide, sans même le savoir. Car à la question « Tu peux m’aider s’il te plait, il convulse » la réponse « J’arrive, je finis juste de ranger les papiers dans le nouveau bureau » est un mauvais choix. Peut mieux faire également pour « Attend, je prend ma pause, j’arrive dans 15 minutes ». Certains soirs faudrait voir quand même à ne pas abuser : nous ne sommes pas des bisounours.

Donc certains jours nous ne sommes que des humains stupides. Exaspérés. L’idiote égarée qui passe aux urgences pédiatriques à 2h du matin un dimanche avec une ordonnance de vaccin datée d’il y a 6 mois fait monter en nous une colère insurmontable. Je ne parle même pas du patient adressé par son médecin traitant il y a plus de dix jours, qui arrive finalement un samedi soir à quatre heures. A ce stade-là, je dois avouer que personnellement je m’agrippe au bureau pour me retenir de sombrer dans une folie meurtrière infinie. (Il faut admettre que la camisole sied encore moins bien que la blouse…)

Certains jours nous ne sommes même plus médecins, nous ne sommes que des individus mal à l’aise face à la détresse de leurs semblables.

A ce sujet, rien ne me plonge plus dans le désespoir que les consultations "psy". J’en profite pour lancer un appel à tous les médecins de ville dans leurs cabinets : arrêtez de m’envoyer vos patients psy aux urgences. Même accompagnés d’un charmant courrier. Sérieusement. N’essayez plus. Je n’y connais rien!

« La petite Madeleine, 13 ans, se fait harceler depuis 6 mois au collège. Elle se trouve donc en grande détresse… » « Thibault, 6 ans, présente depuis peu une grande tristesse de l’humeur secondaire au départ de son père pour Nice (la famille est sans nouvelles depuis)… » « Anna, 15 ans, refuse de manger depuis 4 jours ».

Et ça vaut aussi pour « Mathéo 12 ans » qui vit en foyer et a essayé de se défenestrer.

Ces enfants ont leur place dans un service de pédopsychiatrie, si possible rempli de gens compétents en la matière. Pas sur une chaise en face de moi dans un service d’urgences froid et impersonnel. Que voulez-vous que je fasse à leur détresse ? Que je me déguise en clown et que je danse la carioca ? Vous me faites sourire quand vous évoquez l’intérêt d’un « premier contact »… Mais un premier contact avec qui ? Avec mon incompétence et moi-même ? Avec un individu qu’il ne reverrons sans doute jamais?

Certes je peux écouter tous ces enfants, tenter de les rassurer, les protéger d’un danger immédiat qui les menace, faire de la garderie, du babysitting. Mais j’avoue, je ne me sens pas capable d’apaiser la grande détresse pour laquelle vous me les envoyez. Pourquoi voudriez-vous que je sache mieux que vous ce que je dois en faire? Dans la mesure du possible, j’essaye de laisser ces consultations à mes chefs. Pas parce que je n’ai pas envie de soulager leur peine, mais parce que je n’y suis pas apte. Ma formation me laisse à ce niveau un grand vide. Je préfère donc ignorer sagement le fait que mes chefs ont bénéficié de la même, continuer à voir mes gastros, mes bronchiolites et mes laryngites, pendant qu’eux prennent deux heures avec ces enfants malheureux que vous m’envoyez. Tout ça pour qu’on vous envoie en retour un autre charmant courrier. « J’ai vu en consultation ce jour le petit T. Je n’ai rien fait pour lui. J’ai écouté son désarroi en hochant la tête d’un air condescendant et affligé. J’ai même été un peu affligée pour de vrai devant l’histoire de ce pauvre gosse. J’ai été pris d’un élan de bonté : je lui ai pris un rendez-vous chez notre psychologue pour dans 2 mois (son planning est complet). Je la supplierai demain de l’avancer. Je n’ai pas de lit pour l’hospitaliser. Je ne sais même pas où foutre mon asthmatique qui a 89 de sat. Ils ne veulent bien évidemment pas de lui en psy. Je le réadresse donc à vos bons soins. Désolée. Bisous ! PS : ci-joint, un comprimé de valium 10mg pour soulager votre peine. C’est la maison qui offre. »

Certains jours nous nous sentons donc inutiles. Certains jours nous nous sentons incompétents.

Nous ne sommes pas des héros. Le plus grand danger en médecine serait d’ailleurs de se prendre pour tel. Bien sûr certains jours on est un cador, certains d’entre nous sont des pointures dans leur discipline. Toutefois le lendemain on peut n’être rien de plus qu’un raté. Il faut le garder à l’esprit.

Non, nous ne sommes pas des héros.

Nous sommes des dieux.

Nan, j’déconne.

Work in progress

En ces préparatifs de fêtes de fin d’année, je vous adresse à tous un petit mot pour vous remercier de vos gentils commentaires et vous dire que je ne vous ai pas oublié : je vous prépare un (grand?) changement qui me prend un peu de temps… Désolée pour ce délai d’attente inhabituel. Guettez bien les prochains jours, un billet apparaitra pour vous faire patienter !

Et en parlant de fêtes, n’oubliez pas, sous vos sapins, les deux immanquables de cette fin 2011, à savoir les livres de Jaddo et Maître Mô, et dédicacés s’il vous plait ! Une piqûre de rappel ça ne fait jamais de mal (sauf pour le BCG…) !

Lettre ouverte

Désolée par avance de la forme que va prendre ce billet, mais ma réponse était trop longue pour apparaître lisiblement dans les commentaires.

"C’est impressionnant la rapidité à laquelle, suite à un seul commentaire, vous ne faite plus apparaitre cette histoire…si elle vrai, qu’avez-vous à vous reprocher ? Pour ma part, vous n’avez pas à raconter ce que vous vivez au quotidien, et si vous en ressentez le besoin, allez voir un psy…chaque histoire, que vous vivez ou que vos patients vivent, sont des histoires personnelles et parfois douleureuses…
A quoi cela sert-il d’aller écrire ces histoires sur un blog ? je ne comprend pas la démarche…
j’ai eu de la compassion pour une interne, mais aujourd’hui, je me rends compte que cela a été une belle erreur…je suis triste de m’être trompée.
vous êtes comme vous le dite une jeune interne, et il vous manque en effet, selon moi, tout le recul de l’experience…si vous aviez un peu de compassion pour vos petits patients, vous n’étaleriez pas sur la place publique ce qu’ils vivent ou ce que les familles vivent…un peu de retenue, quoi ! Ce que vous écrivez n’apporte rien à personne. Si vous avez besoin de vider votre trop plein d’émotion, je vous suggère de consulter ou de changer de métier… vous n’avez surement pas d’enfant, mais quand vous en aurez, vous comprendrez peur-être le sens de mon propos…
Pour terminer, je ne peux que vous conseiller de cesser de faire ce que vous faites, et je me demande même si vous en avez le droit…cela reste à vérifier…avez-vous pensé une seule seconde à la famille d’Antoine ? A ce qu’elle pourrait ressentir en lisant vos propos….en avez-vous seulement mesuré la portée ?! pensez-vous que vous faites plus de bien que de mal ?
Au fait, merci pour la leçon d’histoire…mais je continue mes investigations et je me demande si je ne dois pas aller jusqu’au bout pour savoir si d’un point de vue ethique et moral, un jeune médecin a le droit d’étaler la vie des patients sur un blog…"

Bonjour

Si vous aviez lu vos mails avant d’écrire cette réponse, vous auriez sans doute évité un quiproquo. Voici ce que j’avais écris :

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"Bonsoir.

D’après ce que j’ai pu comprendre vous vous êtes reconnue dans l’histoire de l’enfant de mon dernier billet.

Je me permets de vous envoyer ce mail afin de vous dire que bien entendu, tout médecin est tenu au secret professionnel et que les paramètres des histoires que je publie sont entièrement modifiées. Le sexe, l’âge, le lieu, les temps. Au delà de cela il est bien entendu possible de se reconnaître dans certains détails de mes histoires, mais toute ressemblance avec une histoire réelle/vécue est entièrement fortuite et est le fruit d’une coïncidence.

L’histoire dont je parle a eu lieu XXX (j’ai censuré la partie ou je donnais quelques précisions supplémentaires (rien qui ne brise cependant le secret médical), je ne souhaite pas rendre des informations plus précises publiques). C’était ma première consultation d’annonce. XXX (idem). Il est malheureusement décédé d’un engagement cérébral dans la nuit qui a suivi.

Pour l’instant j’ai bloqué la lecture du billet, ainsi que ses commentaires. J’attends votre autorisation pour le remettre en ligne, et je suis évidemment tout à fait d’accord pour réaliser de nouvelles modifications si vous le souhaitez. Je suis heureuse que votre enfant aille bien. Indirectement, vous m’avez fait réfléchir : je publie sans doute trop de billets tristes ces derniers temps, je n’ai pas envie que les lecteurs aient la sensation que je recherche de la compassion à travers ce blog. Merci pour cela.

Stitchette"

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Je n’ai donc nullement supprimé l’article, je l’ai juste masqué en attentant votre réponse, dans le cas ou vous auriez souhaité que je modifie les données d’Antoine patient.

Puisque vous ne semblez pas d’humeur à considérer ma proposition, je vais simplement re-publier mon billet.

Je peux comprendre votre colère, mais mettez vous un peu à ma place. Je publie un article, une inconnue vient dire qu’elle trouve des ressemblances avec sa propre histoire, qu’elle croit se reconnaître, je lui confirme que ça n’est pas le cas, lui propose même de modifier quelques données, pour au final ne récolter que mécontentement voir menaces (?). J’en viendrais presque à douter de votre bonne foi (internet regorge de trolls, mais vous semblez sincère). Et c’est surtout profondément frustrant! Dois-je faire cela pour tous mes billets, modifier les patients pour qu’au final, ils ne puissent correspondre à aucune situation possible? A moins que je ne raconte que toutes ces histoires se déroulent sur Pluton, je pense que cela va être difficile… Antoine avait donc un prénom différent, un âge différent, un lieu différent, une origine différente. Il a été ma première vraie consultation d’annonce, souvenirs ravivés par les nombreuses mauvaises nouvelles annoncées récemment ainsi que le visionnage du film La guerre est déclarée qui m’a fait reprendre conscience un peu violemment qu’une consultation d’annonce bien faite n’existe pas.

Et comme vous semblez vous le demander : non, le secret médical n’est pas brisé dans ce cas-là. A moins de ne citer explicitement le nom des patients, ou de donner des indications géographiques, je reste dans le cadre de la loi (je remercie au passage la mansuétude de Maître Eolas et Maître Mo qui ont pu me confirmer ce fait). Modifier davantage les caractéristiques des patients comme je le fais est donc une sûreté supplémentaire dont je pourrais me passer si je ne pensais pas que le respect de leur vie privée est si important.

Par contre, vous soulevez un point intéressant.

Pourquoi Bétadine, Perruche, Fourrure, Doc Maman, Dr Stéphane, Jaddo, le spykologue (ordre alphabétique d’apparition dans les liens, allez faire un tour si vous souhaitez d’autre exemples, ils sont tous très biens ;) ) et tous les autres exposent leur quotidien sur internet? Et pourquoi plusieurs personnes viennent les lire?

Je n’ai pas vraiment de réponse à apporter. Mais peut être une autre question : qu’est ce qui fait de nous des êtres humains?

Ross Geller répondrait surement le pouce opposable. Que les biologistes me pardonnent (ou ferment leur yeux), mais je préfère centrer l’humain autour de l’empathie et de la compréhension d’autrui.

Ces épisodes de vie de patients nous rappellent à la fois la beauté de la vie, mais aussi sa fragilité ou l’injustice dont elle peut faire preuve. Reprendre leur histoire, c’est rappeler que nous sommes humains, partager une parcelle d’une vie d’un inconnu, qui pourrait être n’importe qui autour de nous. C’est rappeler que même si nous n’avons pas de but, nous avons le mérite d’exister. Et qu’il faut sans doute en profiter tant qu’on le peut encore, en se tournant vers autrui.

La médecine actuelle se centre sur la maladie. Qu’apprend-t-on dans les livres? A percevoir les symptômes, et non plus la personne. Qu’apprend-t-on en pratique? A se débrouiller sur le tas, et à mieux soigner les patients en ne les connaissant pas. Mais que risque-t-on à s’impliquer? Souffrir? A mon sens, la souffrance est déjà présente dans ce monde, l’accepter, c’est commencer à pouvoir la combattre. Jusqu’à présent, mes plus grosses erreurs dans les consultations, c’était la fatigue ou l’inattention. Tout est fait pour nous cacher une affreuse vérité : ce patient là, c’est un être vivant, et ça pourrait être n’importe qui, de votre boulanger à votre soeur (on enlève peut-être juste les introductions anales insolites).

En définitive, en partageant leurs histoires, j’essaie de réaffirmer mes patients en tant qu’êtres humains, par ce qu’ils sont et non pas ce qu’ils ont.

Alors oui, c’est sûr, ce blog ne permettra pas d’engager la moindre réforme (petit clin d’oeil à Jean ;-) ). Mais s’il arrive à toucher/accompagner au moins une personne, alors je me considère déjà chanceuse.

Je n’avais jamais pensé que mon blog serait autant visité.

Je pense que cela serait mentir que de dire qu’écrire n’aide pas à surmonter certains évènements douloureux. Mais dans ces cas là, je n’écris pas sur internet, j’ai un petit carnet aux reliures bleues. Je prend un beau stylo et ma mémoire, pour faire vivre une dernière fois les émotions qu’ils m’ont données. Je ne veux pas les oublier, mais je dois continuer d’avancer. Alors j’écris.

Mais ce que je publie sur ce blog est différent. Il n’est plus question d’y surmonter un évènement, je désire juste le partager pour transmettre un petit quelque chose, que ça soit une idée, une émotion ou une pensée. Ou parfois d’ouvrir un débat, comme cela a pu être le cas sur la maltraitance, les bonnes pratiques, les réformes de la médecine.

Une question demeure, en revanche : ai-je vraiment pensé à la famille d’Antoine?

Oui.

Et je n’ai jamais imaginé que le fait d’écrire son histoire pourrait leur poser problème. Merci de m’avoir donné votre point de vue, vous êtes le premier commentaire à en parler de cette manière, et à m’obliger de me questionner sur l’utilité de transmettre ces histoires. Peut-être qu’au final, ça n’est que perçu comme du voyeurisme extrême? Peut-être qu’au final, ça ne change rien pour la famille? Mais je me demande si, sous un autre point de vue, cela ne pourrait pas aider certaines personnes à surmonter un évènement similaire, que ça leur arrive à eux ou à un proche? J’espère que c’est le cas, sinon je vais devoir remettre en cause l’existence de ce blog. En attendant de résoudre ce débat personnel il n’y aura sans doute aucune nouvelle publication.

Et pour terminer, pour ce qui est d’être un bon ou un mauvais médecin, je laisse à mes patients le choix de décider par eux-même, en sachant pertinemment qu’il est sans doute impossible de contenter tout le monde.

Merci à tous.

PS : pour éviter la survenue d’un débat virulent entre lecteurs concernant ce billet, j’ai clôturé les commentaires.